Jour de vote: Les Hauts plateaux : Au rythme des violences et intimidations

Ambiance d’élection dans le bastion du candidat du Mouvement pour la Renaissance.

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Baham s’est réveillé au lendemain de l’élection présidentielle par la nouvelle de l’agression mortelle d’un jeune militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). « Sa famille est du Rdpc, mais hier soir après les résultats, il a retourné la veste et jubilait parmi les militants du MRC ; quelqu’un n’a pas supporté cela et s’en est pris à lui », rapporte une source crédible. Ce cas vient s’ajouter aux deux gardés à vue qui se recrutent dans les rangs du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Signe visible de la tension qui a régné pendant la journée de vote. Et le fief trial de Maurice Kamto a nourri les réseaux sociaux de faits divers pendant cette journée. En bonne place, cette affaire d’interpellation de militants du MRC. René Debonnaire Kenmogne, porteur d’une photocopie d’un « mandat politique » signé de Maurice Kamto, et rempli à la main, et Roméo Kamga, ont échappé à un lynchage de militants du Rdpc qui s’étaient lancés à leurs trousses. Criant « ils ont agressé le chef! Ils ont agressé le chef ! ». Les deux fuyards que l’élément de gendarmerie interpelle et sauve, clament leur innocence. Avant que le conducteur de la moto ne déclare n’avoir fait que « calmer les gens ». Face à la furie des adversaires, les deux jeunes hommes seront conduits à la gendarmerie pour être détenus en cellule. Plus tard, l’on apprendra de Dieudonné Kamdem, un autre, plutôt président régional du MRC, qui lui-même a échangé des coups de poings avec son homonyme, que « nous avons appris qu’il y a un bureau de vote caché chez le chef Baho, et nous nous y sommes déportés, pour constater que les électeurs remettaient les bulletins de vote du MRC contre de l’argent ». Faux, dément Lucien Nepowa, l’accusé : « J’avais promis le petit déjeuner aux électeurs de mon parti, et ils se sont invités chez moi pour engager la violence», a-t-il déclaré au téléphone avec le substitut du procureur. C’est à cette occasion que le leader régional du MRC a été privé de son téléphone dont il se servait pour faire des photos de la scène.

Ainsi, s’est passée la journée électorale à Baham. Rdpc et MRC se sont épiés dans une ville minée par la police. Avec le parti d’opposition, convaincu de son invincibilité dans les Hauts plateaux. « Ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner une élection ici sans frauder ; c’est pour cela qu’ils cherchent un passage en force », croit un jeune du MRC. En face, Me Fostine Fotso, député, jure que « c’est eux qui sont spécialistes de la violence. En 2013, j’ai échappé de justesse. Ils agressent nos militants à bords de motos ». Pendant que le MRC se contente de « protéger nos votes », le Rdpc a créé une commission du contentieux qui opère en urgence, avec des « pions » placés dans les coins chauds et certains bureaux de vote sensibles. A sa tête, Me Fostine Fotso Kamdem. L’avocate est en contact permanent avec les services de sécurité de la ville. Ses téléphones n’arrêtent pas de sonner, pour recevoir les nouvelles du terrain, se rapportant à son domaine. Entre deux interventions sur les lieux de bagarres, et une course à la gendarmerie, l’avocate joue les gendarmes contre les affiches du concurrent, non retirées. Non sans interpeller les autorités et les leaders régionaux de son parti pour celles de son candidat, encore apposés tant dans les hauts plateaux qu’à Bafoussam.

Au soir de l’élection, une plainte, une convocation et deux constats d’huissiers pour deux autres plaintes en préparation. « On peut faire la politique sans la violence », clame-t-elle. Une violence que le MRC met plutôt au compte du parti au pouvoir. Après l’élection, la partie se poursuit dans les couloirs de justice. « Je vais déposer une plainte pour agression et vol de mon téléphone », menace Kamdem Dieudonné, le président régional du MRC pour l’Ouest. Accusant le chef Max Pokam d’être le receleur de cet appareil perdu pendant l’altercation avec des militants du parti au pouvoir.

Source: Défis actuels

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