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Grève des enseignants : l’Unesco dément les rumeurs d’année blanche Spécial

  • jeudi, 19 janvier 2017 12:24
  • Écrit par  Michel Ange Nga
Jean Ernest Ngalle Bibehe, Minesec Jean Ernest Ngalle Bibehe, Minesec

L’organisme du système des Nations Unies en charge de l’éducation confie n’avoir   pas le droit de déclarer une année blanche dans un Etat souverain. 

L’Unesco a-t-il réellement publié   un communiqué dans lequel il   met le Cameroun en garde contre   des risques d’une année blanche ? A la   Commission nationale de l’Unesco du Cameroun   on dément formellement cette   information. En d’autres termes, ce communiqué   qui défile sur les réseaux sociaux   est un faux document. La   représentation de cet organisme onusien   à Yaoundé confie d’ailleurs qu’elle va   bientôt publier un communiqué de presse   pour démentir avoir menacé le Cameroun   de décréter une année blanche. «   L’Unesco est constitué d’Etats souverains,   c’est la raison pour laquelle notre institution   ne s’ingère pas des les affaires internes   d’un Etat en matière d’éducation.   Ce n’est donc pas à l’Unesco de déclarer   une année blanche dans un pays », fait   savoir un cadre de la commission nationale.  

UNESCO 

 Pour un syndicaliste francophone de l’enseignement   supérieur, la Commission nationale   de l’Unesco refuse tout   simplement de se faire hara-kiri car cette   commission est présidée par Youssouf   Adidja Alim, le ministre de l’Education de   base. Car pour ce dernier, les informations   contenues dans le communiqué attribué   à l’Unesco sont bel et bien fondées   : l’organisme du système des Nations   Unies pour l’éducation a dans ses prérogatives   la responsabilité de décréter une   année blanche quand le nombre de cours   requis en une année n’a pas été respecté.   A la décharge de la Commission nationale   de l’Unesco, quelques précédents   peuvent être cités. En 2015 au plus fort   de la grève des enseignants au Gabon,   un communiqué attribué à l’Unesco sur   les réseaux sociaux décrétait une année   blanche. L’Etat gabonais est d’abord   monté au créneau pour démentir cette   information et, quelques heures plus   tard, c’est la Commission nationale de   l’Unesco à Libreville qui a affirmé ne pas   vouloir s’ingérer dans les affaires internes   du Gabon. Cette commission a   tout de suite publié un communiqué qui   disait en substance : « Une rumeur persistante   et relayée dans les réseaux sociaux   annonce que l’Unesco a décrété   une année blanche au Gabon. Pour accréditer   cette fausse information, les auteurs   de la rumeur soutiennent que la   nouvelle a été diffusée sur Radio France   internationale (RFI), la radio qui bat le   record d’audience au Gabon ».  

GREVE  

La même situation s’est produite au   Bénin en 2014. A cause d’une grève généralisée   des enseignants du secondaire,   des rumeurs avaient annoncé que   l’Unesco était sur le point de décréter   une année blanche. Interviewé par Le   Matinal, un journal béninois, Wilfried   Djènontin, le directeur de l’Inspection   générale pédagogique de l’enseignement   secondaire, avait expliqué : « L’Unesco   ne déclare dans aucun pays une année   blanche, c’est le pays même, compte   tenue des problèmes qui décide de blanchir   l’année ».  

Mais sur quelle base un Etat décide souverainement   d’une année blanche?   «Pour parler d’une année blanche, il est   admis dans les normes de l’Unesco qu’il   faut quand même préserver les deux   tiers du temps scolaire pour pouvoir valider   une année scolaire. En général, on   parle d’année blanche quand le système   éducatif est vraiment paralysé ; c’est-àdire   la qualité de l’enseignement acquis   et le niveau d’exécution des programmes   », expliquait Wilfried Djènontin au journal   Le Matinal. Une explication qui rejoint   celle donnée par la Commission nationale   de l’Unesco au Cameroun.  

En clair dans la norme édictée par   l’Unesco, « une année scolaire ou universitaire   est dite blanche lorsque ses enseignements   et activités annexes sont   entièrement ou partiellement invalidés   pour des raisons multiples et diverses ».   Dans le cas du Cameroun actuellement,   le risque réside dans la quantité des   cours. « La notion d’année blanche est   encadrée par les textes de l’Unesco. Pour   qu’une année soit validée dans un pays,   l’Unesco demande que l’école se soit déroulé   pendant au moins 25 semaines.   Etant donné qu’une année scolaire à   neuf mois, ce qui correspond à 36 semaines   », comme l’explique Joseph   Lebel Tamesse, Secrétaire général du   Syndicat national des enseignants du supérieur   (Synes).  

Depuis le début de la grève des enseignants   anglophones dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le Cameroun   en est à cinq semaines de cours   non dispensées. Ce qui fait dire à M. Tamesse   que le Cameroun est encore loin   d’une année blanche.     

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