mardi 20 février 2018
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Crise anglophone : Sisiku Tabe extradé au Cameroun ? Spécial

Annoncés à Yaoundé depuis plusieurs semaines, de nouvelles informations indiquent que les leaders séparatistes anglophones arrêtés au Nigeria, ont été remis aux autorités camerounaises.

C’est la deuxième fois en l’espace de deux semaines, que des sources confirment l’extradition au Cameroun, des dix leaders sécessionnistes anglophones, dont Sisiku Julius Ayuk Tabe, président de l’autoproclamée « République fédérale d’Ambazonie », arrêtés selon le mouvement dans un hôtel d’Abuja le 5 janvier dernier. Mais cette fois-ci, de nouvelles informations indiquent que les dix séparatistes ont foulé le sol de Yaoundé, le 26 janvier dernier. « Ils sont arrivés à Douala dans la journée, avant d’être transférés vers l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen ce jeudi (25 janvier, Ndlr.) soir, vers 22h00 », apprend-on. Même si, aucune version officielle de cette nouvelle affaire n’a encore été rendue publique. D’aucuns parlent de « rumeur » et de « secret d’Etat ».

Sisiku aurait violé les lois nigérianes

Où qu’ils soient, Sisiku Ayuk Tabe et son groupe auraient violé les lois nigérianes en créant des camps d'entrainement dans ce pays, informent la presse locale nigériane. Dans un article publié le 17 janvier par exemple par le journal Vandguard, une source policière explique que c’est pour cette raison que les sécessionnistes camerounais auraient été interpellés. « Le gouvernement du Nigeria ne peut pas héberger les partisans de la sécession d'un pays voisin comme le Cameroun au moment où les deux pays coopèrent et combattent ensemble les terroristes de Boko Haram qui essaient d'imposer leur Etat islamique dans le Nord-Est du Nigeria », a indiqué la source au journal. « En plus, poursuit-elle, il est de notoriété publique que le gouvernement fédéral du Nigeria a récemment interdit les activités des sécessionnistes du Biafra (IPOB, Independant People of Biafra). Dans ces conditions, comment le territoire du Nigeria peut-il être utilisé par des sécessionnistes dans le but de causer des troubles dans un pays ami comme le Cameroun ? ». Une autre source de la police nigériane confirme au même journal que les leaders arrêtés avaient été « pris la main dans le sac, dans des camps d'entrainement des sécessionnistes en vue des confrontations futures avec les forces de sécurité camerounaises ». De leur côté, les autorités camerounaises, qui cherchent à découvrir qui se cachent derrière les leaders séparatistes, entendent s’appuyer sur les bonnes relations avec le Nigeria voisin. Les enquêtes tournent notamment autour des liens de ces leaders avec la trentaine de combattants arrêtés dernièrement dans le nord du Nigeria, dans l’Etat de Taraba, frontalier avec le Cameroun.

Comité de direction intérimaire

En attendant que l’imbroglio judiciaro-diplomatique soit officiellement démêlé, le mouvement sécessionniste tente de se réorganiser. Un conseil de direction intérimaire de trois personnes a été mis sur pied « pour gérer les affaires courantes » en attendant la libération des leaders du mouvement, précise Chris Anu, secrétaire général et porte-parole du mouvement sécessionniste. Et c’est Harmony Bobga qui a été choisi pour diriger ce Comité. Avocat au Barreau camerounais, exerçant à Bamenda, un des fiefs de la contestation anglophone, Harmony Bobga est une figure connue du mouvement sécessionniste. Il a été l’un des instigateurs du mouvement de protestation des avocats à l’origine de la résurgence de la crise qui a éclaté en octobre 2016.

Arthur Wandji

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