lundi 22 janvier 2018
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Standard & Poor’s juge les bons et mauvais points du CFA

En cette année 2017, l’avenir    du Franc CFA a été discuté    dans plusieurs milieux économiques.    Très vite, des experts ont annoncé    une dévaluation imminente de    cette monnaie, obligeant le Fonds monétaire    international (FMI) à sortir du    bois pour rassurer les Etats africains    qui ont cette monnaie en partage.    Rien d’assez consistant visiblement,    pour décourager les experts de Standards    & Poor’s qui ont récemment    rendu publics, les résultats de leur    étude du Franc des colonies française    d’Afrique. « Si les unions monétaires    limitent de facto la flexibilité monétaire    de chaque Etat, elles agissent    également comme un bouclier contre    d’éventuelles crises de balance de    paiements d’un pays membre grâce à    la mutualisation des réserves de    change », fait savoir l’agence de notation    américaine. Dans cette note    d’analyse, Standard and Poor’s présente    son point de vue sur le Franc    CFA. Et celui-ci est partagé en deux    groupes avec d’une part des éléments    positifs de ladite monnaie, et d’autre    part, ceux jugés négatifs.   

LES ATOUTS DU FRANC CFA   

Selon les experts de l’agence, l’un des    atouts du Franc CFA est celui d’avoir    contenu le niveau d’inflation dans les    pays qui l’utilisent notamment dans    les zones Cemac et Uemoa. « Le partage    d’une même devise permet également    de faciliter les échanges    intra-régionaux au sein de chaque    zone », précise l’agence dont les explications    contredisent les experts anti-    CFA qui continuent de faire penser à    une grande partie des opinions publiques    que la stabilité des prix évoquée    dans la zone CFA demeure une    utopie. Cette « stabilité » ne serait    due qu’au fait « qu’une part importante    (en moyenne 40 %) des ménages    des pays concernés, ne    parviennent plus à s’offrir un ensemble    de biens essentiels sur la seule    base de leurs revenus de travail », apprend-    on. D’autant plus que les récentes    statistiques combinées de la    Banque africaine de développement    (BAD) notamment, montrent que les    échanges intra-régionaux au sein de    la Cemac et de l’Uemoa, malgré le bénéfice    que confère la monnaie commune,    sont parmi les plus faibles    comparés à ceux des autres régions    d’Afrique.    Mais Standard and Poor’s le sait.    L’agence est cependant convaincue    que le Franc CFA est aujourd’hui plus    solide que lors de sa dévaluation en    1994. D’abord parce que « le Franc    CFA n’est plus arrimé à la monnaie    d’un seul pays (la France en l’occurrence)    » et donc élimine l’hypothèse    d’une France capable à elle seule de    déstabiliser cette monnaie, comme    cela avait été soupçonné par le passé.    Ensuite, parce que « malgré les problèmes    des pays utilisant le Franc    CFA, leurs banques centrales, même    en temps de crise, n’ont plus jamais    recouru aux avances du trésor public    français depuis la dévaluation de 1994    ».   

MENACES AUTOUR DE    LA MONNAIE

Il ne faut cependant pas voir dans l’argumentaire    des experts de Standard    and Poor’s, une sorte de promotion du    Franc CFA. Car en plus d’évoquer les    bons points de celui-ci, elle brandit    également le carton rouge. D’abord,    l’agence de notation fait par exemple    savoir qu’une amélioration de la croissance    dans la zone Euro, et donc de    sa monnaie, constituerait un risque de    surévaluation pour le Franc CFA, dont    les principaux marchés à l’export, sont    désormais la Chine et l’Inde, qui sont    en quête de ressources peu chères en    devises. Quant à la France, le partenaire    historique des accords monétaires    avec les pays de la zone Franc,    elle semble de plus en plus ouverte à    une révision des accords, même si le    discours du président Emmanuel Macron,    lors de sa récente visite au Burkina    Faso, ne répond pas à toutes les    questions qui peuvent se poser. Dans    ses propos, le président français a indiqué    que le pays qui le souhaitait    pouvait se désengager de la Zone    Franc, mais renoncerait ainsi à la stabilité    et la garantie de convertibilité. Il    faut maintenant se demander : combien    ça coûtera à ceux des pays qui    envisageraient une sortie de la Zone ?   

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