mercredi 26 juillet 2017
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Elisabeth Medou Badang « Orange inaugure son data center dans les prochains jours » Spécial

Au sorti du forum international sur l’économie numérique, la directrice générale d’Orange Cameroun revient dans cette interview sur la contribution de l’entreprise qu’elle dirige au développement de l’économie numérique ainsi que sur les projets avenir d’Orange Cameroun.

 

Madame le Directeur général, est-ce qu’on peut savoir qu’elle est la contribution d’Orange Cameroun dans le Développement de l’Economie numérique au Cameroun ?

La contribution d’Orange Cameroun peut s’articuler autour de 4 points principaux. Le premier point qui est le cœur de notre métier traditionnel c’est faciliter l’accès. L’accès aux infrastructures. Aujourd’hui nous couvrons plus de 80% de la population en 2G, 3G et 4G ; en ce qui concerne le haut débit mobile, nous avons près de 70% de  notre réseau qui est déjà couvert. Une fois que les réseaux sont là, il faut que les clients, qu’ils soient entreprises, individus ou l’Etat puissent utiliser les services.

Pour ça, nous avons une politique de terminaux qui permet de faciliter le taux de pénétration des smartphones. Aujourd’hui nous avons des smartphones qui commencent à moins de 20 000 francs CFA, on a des terminaux 4G qui sont dans les 25 000 francs CFA et les modems qui permettent de connecter plusieurs ordinateurs dans les entreprises. Nous avons des offres que nous voulons segmenter et adapter aux usages des différents clients.

Ensuite une fois que vous avez la technologie et les outils, il faut encore la connaissance de l’utilisation qui peut en être faite. C’est pour cela que nous sommes engagés dans des programmes pour faciliter l’éducation numérique et cette approche se veut inclusive. Nous avons par exemple la maison digitale des femmes, que nous formons à l’usage des ordinateurs et du numérique pour les autonomiser ; nous avons les écoles numériques, un programme que nous avons lancé avec le ministère de l’Education de base au titre duquel on équipe les écoles primaires pour les enfants jusqu’au cours moyen II pour l’usage du numérique avec les tablettes avec des contenus didactiques.

A côté de cette partie Accès, pour que le numérique devienne vraiment un créateur de richesses, il faut de nouveaux usages qui sont adaptés à la résolution des problèmes quotidiens  de nos concitoyens. D’où la nécessité de développer un écosystème local avec des contenus spécifiques, des contenus locaux. C’est pour cela qu’avec Orange Fab par exemple, nous faisons en sorte d’aider les startups. Nous avons deux startups de la première promotion d’Orange Fab notamment Gift Mom et Shake Shake, qui permettent de retrouver des objets perdus. Ça c’est pour faciliter l’émergence de cet écosystème. A côté de ces startups dont nous contribuons à l’accélération, nous avons des Api. C’est un dispositif qui permet de donner accès à notre réseau à ces startups-là. Nous avons en même temps des plateformes au-delà de l’internet qui donnent l’accès à l’USSD pour que ces fournisseurs puissent toucher nos clients.

En ce qui concerne la partie payement, vous savez l’inclusion financière c’est l’un des objectifs important du Social development Gold à l’horizon 2020, le levier principal aujourd’hui dans le monde avéré de développement de l’inclusion financière plus rapide, c’est la finance mobile avec Orange money en ce qui nous concerne. Donc nous développons ce service pour faciliter les transactions parce que pour parler d’E-commerce, il faut que les clients puissent payer. Pour dématérialiser les transactions, il faut dématérialiser les modes de payements et c’est la brique de payement que nous avons avec Orange money.

Avec tout cet écosystème, il y a la démultiplication des données, qui peuvent être très pertinents dans les décisions y compris d’urbanisation d’un pays, mais données qui sont aussi essentielles à la fois pour les individus et les autres. Les besoins de sauvegarde et de sécurisation de ces données sont énormes. C’est pour cela que nous créons un data center que nous inaugurons dans les prochains jours, l’un des plus grands d’Afrique francophone.

Grace à toutes ces actions, nous nous définissons comme au cœur de la transformation numérique, nous voyons notre rôle comme étant digital écosystème manager. Nous sommes au centre, par le biais de partenariat diverses et variés, nous donnons accès aux clients à certains services et ensuite aux entreprises. Nous sommes vraiment au centre de cet écosystème qui pour nous est porteur de beaucoup d’opportunité, à condition qu’on lève toutes les barrières qui peuvent exister aujourd’hui.

Il demeure malgré tout, le problème de la couverture réseau sur l’ensemble du territoire camerounais. Qu’est-ce qu’Orange fait pour cela ?

Chez Orange, je vous l’ai dit, nous avons un réseau étendu et nous continuons à l’étendre. Cette problématique de couverture est un enjeu important. Parce qu’il ne faut pas que la transformation numérique se restreigne aux villes urbaines et c’est pour cela qu’il faut trouver les mécanismes les plus pertinents, pas seulement chaque opérateur, amis de manière collective pour ne pas marginaliser les populations qui sont dans les villages et  qui aujourd’hui encore n’ont toujours accès rien qu’au téléphone mobile. Nous avons un certain nombre d’initiatives qui sont en cours qui doivent être fédérant parce que le modèle économique traditionnel ne permet pas nécessairement de couvrir 100% de la population. Il faut des mécanismes inclusifs qui facilitent l’accès et c’est un enjeu vital, si on veut que cette économie numérique soit porteuse d’opportunité pour l’ensemble de nos populations et elles en ont souvent beaucoup plus besoins que nos concitoyens qui sont dans les villes.

Madame la directrice générale, il y a la gestion de la fibre optique qui est confiée à Camtel et on a assisté à un exposé de la Banque mondiale qui montrait qu’il fallait peut-être confier la gestion de cette fibre optique à un opérateur disons indépendant qui ne soit pas en même temps gestionnaire et qui offre des services. Quel est votre avis à ce sujet ?

Ce que je pense, c’est que la fibre optique est essentielle. On parle de données, de débit donc nous avons besoin de la fibre optique. Nous avons besoin pour que ce marché se développe d’un environnement concurrentiel  qui soit clair, équitable et loyal. Quel est le modèle ? J’ai envie de dire en réponse à cette question, qu’il n’y a pas de modèles fixes. Il y a des principes tels que la transparence, un accès équitable à cette infrastructure qui est essentielle. Comment on arrive à assurer la qualité, l’accès équitable à tous les acteurs, l’accessibilité financière pour que ça ne devienne pas un facteur rédhibitoire ? Ces trois principes là, eux sont indispensables. Maintenant on peut les atteindre avec une société privée tiers pour gérer ça, qui ne serait pas en concurrence avec les autres. Mais il y a également des mécanismes de régulation qui permettent d'obtenir cela, de mettre une étanchéité entre l’activité de détail et puis cette activité de mise à disposition d’infrastructures. Il appartiendra à l’Etat de choisir le modèle qui lui semble le plus pertinent.

 

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