dimanche 22 octobre 2017
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Caf : Et la chasse aux sorcières commença Spécial

Ahmad Ahmad enquête sur l’attribution des Can et se désolidarise d’Hayatou sur l’affaire Lagardère.


Il n’a fallu que trois semaines de retraite à Issa Hayatou pour que la nouvelle direction de la Confédération africaine de football (Caf) lui crée déjà des insomnies. Et tout recommence là où avait été décidée la chute du Camerounais : l’Afrique australe. Avec les mêmes acteurs. Ou presque. Lors d’une conférence de presse à Sandton en Afrique du Sud ce 7 avril 2017, Phillip Chiyangwa, le président du Conseil des associations de football en Afrique australe (Cosafa), s’est attaqué à l’attribution de l’organisation des trois prochaines Coupes d’Afrique des nations (Can). Le Cameroun (2019), la Côte d’ivoire (2021) et la Guinée (2023). «Elles ont été attribuées de manière brutale et politique au bénéfice d’une région», déclare le Zimbabwéen. Annonçant que «le Cosafa va protester concernant certaines compétitions qui ont été attribuées». Se demandant «quels ont été les critères utilisés». Le patron de la Cosafa relève que le Cameroun est le pays de l’ancien président et avait été choisi au détriment de l’Algérie ou la Zambie. Sans rentrer en profondeur, Chiyangwa suscite une évidence sur la défaillance du dossier Cameroun. Epargnant la Côte d’ivoire, l’homme de main d’Ahmad s’attarde sur la Guinée, désigné également en septembre 2014 comme les autres, alors même que ce n’était pas prévu. Du coup, le président de la fédération zimbabwéenne qui abrita la réunion des membres du Cosafa pour soutenir la candidature d’Ahmad Ahmad, avec parmi les invités, Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football (Fifa), déduit que «nous avons été abusés». Alors, «dans ces conditions, nous remettons en question le statu quo, la localisation de tous les intérêts dans une région», lâche-t-il.


Commission d’enquête


C’était en présence du nouveau patron du football africain, élu le 16 mars 2017 en Ethiopie, en battant Issa Hayatou, en poste depuis 1988. Le révolutionnaire partage la frustration de ses pairs de la sous-région. «J’assure à mes collègues que je suis un membre du Cosafa ; même si je suis le président de la Caf, je suis un membre du Cosafa avant tout», a-t-il déclaré. Autant conclure que l’aide de camp n’est que le porte-parole d’un homme «nouveau», déterminé à réparer les torts causés aux siens. Même si Ahmad était membre du Comité exécutif de la Caf ; et donc décideur. En tout cas, «une commission d’enquête doit être mise en place», soutient Phillip Chiyangwa. Feignant d’ignorer que le tropisme vers une «même région» qui géographiquement n’existe pas, est également consécutif à une longue période morte pour l’Afrique francophone subsaharienne, et l’Afrique centrale notamment. La Can 2012 co-organisée par la Guinée équatoriale et le Gabon, en était la première de l’Afrique centrale depuis Cameroun 1972. L’édition 2015 n’étant qu’une opération de sauvetage de la Can marocaine en proie à un virus Ebola que redoutait le royaume chérifien, malgré toutes les assurances de l’Organisation mondiale de la santé de la neutralisation du virus sévissant dans certains pays d’Afrique de l’ouest.


L’autre dossier de la chaîne qui va meubler la chasse aux sorcières en cours à la Caf. Lors de la même conférence, le Malgache a ramé à contre-courant des anciens patrons de la maison du football africain est l’affaire Lagardère, l'entreprise retenue par la Caf pour la commercialisation des droits médias et marketing des compétitions de la Caf. «Tout le monde est convaincu, que ce soit le public ou la Caf elle-même, que ce n’est pas un bon contrat», a lâché Ahmad. Dans un communiqué début mars, la Caf soulignait que «le contrat avec Lagardère Sports ne contrevient en rien à une législation nationale ou supranationale, tel qu'établi par des opinions juridiques catégoriques à ce propos». Et que «les zones de commercialisation des droits audiovisuels ne s'appliquent pas qu'aux compétitions de la Caf, mais correspondent à un découpage universellement admis et reconnu». Ahmad est clair : «je n’ai pas encore de décision à prendre, en attendant l’analyse du contrat» par des spécialistes de la télévision et du marketing. Comme une mise en garde.

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