Grève des avocats : Richard Tamfu et Armel Tchuenmegne libérés

La décision vient de tomber au Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo.

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Me Richard Tamfu

Mes Richard Tamfu et Armel Tchuenmegne respirent l’air de a liberté. Les deux avocats arrêtés après l’incident du 10 novembre dernier, ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pendant trois ans et une amende de 100 000F chacun, par le Tribunal de première instance (Tpi) de Douala-Bonanjo. Au terme d’une audience qui a vu les avocats être reconnus non coupables d’outrage à magistrat. En revanche, ils ont été déclarés coupables de destruction de biens publics et de rébellion.

Le Ministère public reprochait aux avocats d’avoir envahi le pupitre, cassé les bancs, vandalisé les tuyaux d’écoulement puis envahi les médias, rapporte une source ayant assisté à l’audience. Parlant de l’audience qui a vu les hommes en robes noires envahir la salle d’audience et engager un mouvement d’humeur pour protester contre le maintien de leurs confrères en détention depuis le 3 novembre dernier, dans le cadre de l’affaire de corruption les opposant à un de leurs clients et qui impliquait un magistrat du Tpi de Bonanjo. La police avait chargé les avocats après les avoir asphyxiés au gaz lacrymogène au cours de l’audience du 10 novembre dernier. C’est par la suite que Richard Tamfu et Armel Tchuenmegne avaient été arrêtés. On apprend que les accusés, après avoir plaidé « non coupables », ont préféré garder le silence pour la suite de l’audience.

15 avocats arrêtés

Cela survient alors que le barreau a annoncé un mouvement de grève qui aura lieu du 30 novembre au 4 décembre prochains sur toute l’étendue du territoire. Le port de la robe est suspendu durant cette période. Les juridictions criminelles et d’exception qui nécessitent l’assistance judiciaire aux justiciables, fonctionneront donc sans les hommes en robes noires qui entendent ainsi dénoncer les mauvais traitements dont ils sont victimes depuis quelques semaines, notamment la violence dont ont été victimes au Tpi de Douala-Bonanjo la semaine dernière, et les arrestations au sein de leurs rangs, dans des conditions qu’ils jugent « illégales ». En tout, le barreau compte 15 avocats déjà entre les mains de la police, sur ordre des magistrats.

Outre le boycott des audiences, le barreau a également annulé les hommages judiciaires programmées à la Cour d’appel du Littoral et à la Cour suprême en la mémoire de Me Charles Tchakouté Patie, le bâtonnier de l’Ordre du barreau du Cameroun décédé récemment.

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