Frontière Cameroun Guinée-Equatoriale : le Cameroun ne veut pas de guerre

Le pays multiplie les stratégies pour éviter que la situation dégénère à la frontière avec son voisin au sud

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Un conflit frontalier couve entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale depuis plus d’un an. Fort de sa renommée dans la résolution pacifique des conflits frontaliers, le Cameroun tente par tous les moyens d’éviter que la situation se dégrade. Le 03 mars dernier, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo et son homologue de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, ont effectué une visite de travail à Kye Ossi, pour examiner la situation de crise qui prévaut dans cette zone. Il était question pour Joseph Beti Assomo et Paul Atanga Nji de vérifier sur le terrain les informations selon lesquelles, Malabo a lancé, sur la partie camerounaise, la construction d’un mur le long de la frontière entre les deux pays. Constat fait, les émissaires de Paul Biya ont réalisé que la Guinée Equatoriale a, « tout au long de la frontière construit une route bitumée ; entamé un terrassement et entre déposé des pierres pour la construction d’un mur de séparation et des miradors », a confié une source qui a fait le déplacement pour Kye Ossi. « Ces travaux ont heureusement été arrêtés grâce à la présence renforcée des troupes camerounaises », a ajouté notre source.
Eviter que la situation dégénère
S’adressant aux autorités militaires au cours de la réunion de sécurité tenue à la mairie de Kye-Ossi à cette occasion, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo a porté aux militaires le message de félicitations du président de la République « pour leur devoir ; leur vigilance et surtout le sang-froid dont ils font preuves depuis le début de ces incidents ». Il les a ensuite appelé à maintenir le cap et surtout à ne pas céder à la tentation de poser un acte qui puisse faire dégénérer la situation. Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense a ensuite exhorté ses éléments à veiller sans relâche pour que l’intégrité du Cameroun dans cette zone soit préservée.
A son tour le ministre de l’Administration territoriale, reprenant les recommandations qui avaient déjà faites par son homologue de la Défense, a profité de la circonstance, pour inviter les autorités administratives à sensibiliser les populations à prendre des mesures contre la pandémie du coronavirus.
Une provocation à temps plein
Les manœuvres de provocation de la Guinée Equatoriale, au niveau de la frontière avec le Cameroun sont récurrentes, affirment les autorités locales. L’incursion des militaires Equato-guinéens en zone camerounaise avait poussé le Cameroun à installer un dispositif militaire renforcé dans la zone. En plus de ces incursions, les autorités de Malabo avaient de manière unilatérale, fermé leur frontière le 11 octobre dernier. Pourtant le principe de la libre circulation des biens et des personnes dans la zone Cemac est encore en vigueur.
On se souvient qu’il y a quelques mois, Malabo avait lancé la construction d’un mur de séparation au niveau de sa frontière avec le Cameroun. Un projet qui n’a pas été du gout des autorités camerounaises, ce d’autant plus que ce chantier avait visiblement empiété sur le sol camerounais. Yaoundé a ainsi demandé à Malabo de mettre fin à son projet. Ce que Malabo a accepté sans conditions. Mais à la grande surprise de tous, Malabo a relancé, depuis quelques mois, la construction des miradors le long de cette frontière. Malgré « les velléités expansionnistes de la Guinée Equatoriale, qui tente à tout prix d’enliser la situation », Yaoundé entend résoudre le pacifiquement le différend. « Les deux chefs d’Etat frères et amis trouveront une solution à ce problème », annoncent confiantes les autorités en charge de ce dossier.
Joseph Essama

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