Football professionnel : Gérémi Njitap dénonce l’esclavage des joueurs

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Avec lui, c'est la fin de l'esclavage des footballeurs

Les résultats d’une enquête menée par le Syndicat National des Footballeurs du Cameroun (Synafoc) au sein des clubs d’lite 1 et 2 pour le compte des saisons 2017-2018 et 2018-2019 révèlent que seuls « Coton sport, Stade Renard, Ums, Eding, Yong sport, Bamboutos et dans une certaine mesure Dynamo paient régulièrement leurs joueurs », selon l’expression de Jacques Marcel Itiga Itiga, responsable de la communication du Synafoc. Soit sept clubs sur les 33 qui ont pris part aux championnats depuis deux saisons. Apejes de Mfou est un élève moyen qui force admiration, mais demeure dans la mauvaise classe. Ici, le Synafoc constate seulement deux mois de salaires impayés pour le compte de la saison passée, et déjà quelques primes de matchs payées pour la nouvelle saison. Si le salaire de la saison en cours n’existe pas encore, Aimé Léon Zang a montré des signes de bonne foi : « le président demande aux joueurs d’être patients », apprend-on. Les clubs mythiques s’alignent dans la classe des très mauvais élèves. Le Tkc a choisi de ne servir que les primes de signature aux joueurs pour la saison dernière et a repris la saison avec le même traitement. Dragon de Yaoundé ne connaît pas le salaire. Mais les primes de matchs sont assurées, tandis que les primes de signatures se paient à la tête du joueur. Racing de Bafoussam a fait pire : ni salaires, ni primes de signatures depuis 2017. A l’Union sportive de Douala, l’on a fixé la barre des sommes à verser à certains joueurs, mais un seul mois de salaire payé, pour aucune prime de signature. A l’Unisport du Haut-Nkam, on a versé un mois de salaire, et les plus chanceux en ont reçu deux. La prime de signature payée à quelques joueurs et « pas toujours entièrement ».

La Fifpro en embuscade

Feutcheu Fc de Djiko semble sortir du lot. Ici, dans l’ensemble les salaires ont été payés, même si certains joueurs réclament un dernier mois et le solde de la prime de signature. Aussi, pour la nouvelle saison, après deux mois d’entraînement, en attente du démarrage de la saison, seuls les anciens joueurs percevaient déjà leurs salaires pour la nouvelle saison. La tendance aurait pu être généralisée sur les clubs unipersonnels ou qui le paraissent. Mais Cosmos du Mbam tire le groupe vers le bas. Ici, « pas de salaires et de primes de signatures à certains joueurs » pour la saison dernière. Rien pour la nouvelle saison. Chez Avion du Nkam de Pierre Batamack, on a touché le fond : la saison dernière, un seul mois de salaire payé, neuf primes de matchs impayés et des primes de signatures payées à quelques joueurs. Et pour la nouvelle saison, peu avant la reprise, les joueurs se contentaient des primes d’entraînement « payées en dent de scie », avec l’espoir de toucher les primes de signature.

La Fédération Internationale de Footballeurs Professionnels (Fifpro) qui a reçu copie de l’enquête, a saisi la Confédération Africaine de Football (CAF) : « Cette situation devient inacceptable et mérite l’attention de la CAF, de son comité exécutif notamment, mais aussi de sa commission Licence club pour envisager des mesures disciplinaires exemplaires si la situation ne devait pas être régularisée rapidement ». En interpellant la commission Licence club, la Fifpro invite certainement celle-ci à prendre des mesures en cas de résistance, pour une rétrogradation d’un club dans son classement.

La Fécafoot est par ailleurs interpellée. « Il demeure inacceptable que des dettes contractuelles aussi importantes ne soient pas encore honorées et que la fédération n’impose pas à ses clubs, un plan de régularisation rapide en accord avec le Synafoc pour permettre à ses joueurs salariés de pouvoir vivre dignement dans le respect des contrats signés et correctement honorés par ces mêmes joueurs ». Déjà que dans le courrier qu’il adresse à la Fifa, la Fifpro rappelle que le Synafoc a déjà à plusieurs reprises appelé la Fécafoot à intervenir pour résoudre cette « situation préoccupante ». Rappelant qu’« en tant qu’organe gouvernant du football au Cameroun, la Fécafoot a un devoir de régulation qui lui permet d’implémenter des mesures adéquates en vue de protéger la stabilité des contrats et doit donc s’assurer que les joueurs ont été payés… » La Fécafoot qui n’a pas encore réagi à cette affaire, est très attendue par le Synafoc. La fédération a une possibilité d’imposer des coupes à la source, puisqu’elle contribue au financement du football professionnel. Avec une subvention de 410 millions de franc CFA par an.

L’enquête a épargné les trois promus que sont As Fap, Léopard et Ofta (ex Océan de Kribi). Mais ces bleus qui ont autrefois connu la cour des grands, ou ont flirté avec le voisinage de cette cour (As Fap), savent ce qui les attend. « Nous croyons que la démarche administrative portera ses fruits », espère Jacques Marcel Itiga Itiga, responsable de la communication du Synafoc. Toujours est-il que « le Synafoc ira au bout de sa logique », assure-t-il.

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