Le projet de loi portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2019 a été jugé recevable le 16 novembre dernier par la commission des Finances de l’Assemblée Nationale. Il ressort ainsi de ce document que ce budget est équilibré en recettes et en dépenses à 4 850,5 milliards de francs CFA. Ce qui traduit une augmentation de 161 milliards de francs CFA, soit 4,3 % par rapport à l’année 2018. Même si d’autres détails n’ont pas pu filtrer de cette loi de finances qui a néanmoins été jugée conforme à la loi portant régime financier de l’Etat, par les membres de la Commission des Finances, les priorités de ce budget sont connues. Les grandes lignes avaient été déclinées par Louis Paul Motaze, ministre des Finances (Minfi), le 29 mai dernier, au cours du séminaire sur le lancement des activités de préparation dudit budget.

Les projets de première génération

Il convient de souligner que c’est en 2010, dans le cadre de la mise en oeuvre du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (Dsce) que le gouvernement a lancé la série de projets structurants dits de « première génération ». Figurent dans la liste de ces projets, le barrage hydroélectrique de Lom Pangar, le projet Memve’ele et Mekin, entre autres. A en croire Louis Paul Motaze, un accent sera mis sur l’entrée en service de ces projets au cours de l’exercice budgétaire 2019. Outre les points sus évoqués, seront également pris en compte, la préparation de la Coupe d’Afrique 2019, l’accélération de la mise en œuvre de la décentralisation et du développement local, le suivi de la mise en oeuvre du Mémorandum de Politiques Economiques et Financières et les différentes matrices d’appuis budgétaires qui y sont adossées. Ces engagements, a souligné le Minfi, qui doivent être considérés comme des « contraintes », constituent autant de défis à relever dans le cadre de la préparation de l’avantprojet de loi de finances 2019. Qu’est-ce qu’il faudra adopter comme attitude afin de réaliser ces différents objectifs ? Louis Paul Motaze s’est voulu clair : « nous avons l’obligation d’observer une bonne corrélation entre les potentialités de l’Etat en matière de recettes d’une part et les engagements du gouvernement traduits dans les programmes budgétaires portés par les administrations d’autre part avec pour leitmotiv une plus grande efficience de la dépense publique ».

Plan triennal spécial jeunes

En effet, dans son adresse à la jeunesse le 10 février 2016, le président de la République, Paul Biya, avait annoncé la mise sur pied du Plan Triennal Spécial Jeunes (Ptsj). Doté d’une enveloppe de 102 milliards de francs CFA, il s’étale sur trois ans et a pour objectif de « faciliter et accélérer l’insertion socio économique des jeunes ». Pour le compte de la première année de ce programme, 38 jeunes ont déjà pu bénéficier d’une dotation en matériels et en ressources financières d’un montant avoisinant les 450 millions de francs CFA. Les quatre secteurs prioritaires sur lesquels le programme est encré sont notamment : l’agriculture, l’économie, l’industrie et l’innovation technique. Ainsi, dans la perspective de la poursuite du Ptsj, le gouvernement entend, à travers le budget 2019, focaliser son attention sur les difficultés que rencontrent les jeunes en matière d’insertion socio économique.

Par Junior Matock

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