Fécafoot : Séidou Mbombo Njoya ouvre une guerre fratricide contre Tombi à Roko

La commission d’éthique de l’instance fédérale a suspendu à vie l’ancien président, pour détournements de fonds, d’abus de biens sociaux et de faux et usage de faux.

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Les deux anciens alliés au lendemain de l'arrestation d'Iya Mohammed

Par une décision rendue ce 11 juillet 2019, la Commission d’éthique de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) suspend à vie Tombi à Roko Sidiki, de toute activité relative au football. Par ailleurs, l’ancien président de la Fécafoot se voit infligé une amende de 10 millions de francs, à payer dans six mois, et devra se charger des dépens liés à cette affaire. L’ancien président de l’instance a été reconnu « coupable » de cinq chefs d’accusation : d’octroi de crédits non remboursés et autres avantages indus aux personnels et aux membres du Comité exécutif de la Fécafoot ; de mise à disposition de fonds aux personnels et certains individus pour des missions déterminées, et à l’utilisation desquels aucun rapport n’a été produit ; de malversations dans la gestion des projets de construction des stades de Bafia, Sangmélima, Bamenda et Bangangté ; de transformation d’un don de 6000 ballons offerts par l’équipementier Puma, en un achat de ballons d’un montant de 79 millions Fcfa prélevés dans les caisses de la Fécafoot ; de conflit d’intérêts dans le cas d’octroi de certains marchés ; d’usurpation de fonction par la notification d’un marché après la prise de service du Comité de normalisation. Cette décision était presque attendue car en son temps, le comité de normalisation présidé par Me Dieudonné Happi, avait déjà donné des signaux après l’audit dont le résultat a été sorti la veille des élections. Et l’affaire des ballons de Puma avait glissé sur la place publique. D’autres membres et personnels de la Fécafoot avaient été indexés pour divers cas de gestion jugée peu orthodoxe. Tombi à Roko dont le dossier semblait être plus lourd, n’avait finalement pas présenté sa candidature, alors que nombre de ses partisans s’y activaient.

Ils étaient dix à être poursuivis dans cette cause et deux autres accusés (Benjamin Beyeck le secrétaire général par intérim de la Ligue de football contre Souleymanou Konaté et Bertrand Mballa Owono contre le secrétaire général de la Fécafoot) dans d’autres affaires. Seuls six ont été frappés. Outre Tombi à Roko, cinq autres sont reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés, mais avec des sanctions à variables. Il s’agit de Didier Enama (comptable), Abousallam Mahaman (partenaire Fécafoot), Charles Abéga Nguini (ex directeur financier Fécafoot) qui s’était brouillé avec le Comité de normalisation, Faustin Blaise Mbida (ex directeur de cabinet de Tombi à Roko) et Hector Ayangma (ex membre du protocole). Il est reconnu à Abéga Nguini des avantages indus de l’ordre de plus de 131 millions 800 mille francs non justifiés, la participation à certains manquements au Code éthique attribués à Tombi à Roko, et la ténue irrégulière de la comptabilité de la maison. Sa suspension des activités liées au football durera cinq ans et l’ex comptable versera également une amende de dix millions FCfa. Faustin Mbida n’aurait pas remboursé un crédit scolaire de cinq millions, et aurait indûment décaissé 5 millions 130 mille de facture comme photographe. Il écope d’une suspension de deux ans et devra payer une amende d’un million. Abousallam Mahaman, sans contrat, aurait perçu une avance de 29 millions de francs comme avance pour une livraison de biens et service, sans jamais s’exécuter, et aurait justifié une facture de police d’assurance pour 6.872.740FCfa sans preuve de paiement effectif. A cet effet, l’homme écope d’une suspension de cinq ans des activités liées au football, et paiera une amende de deux millions FCfa. Hector Ayangma est coupable de justification sans preuve de livraison d’une facture de deux millions FCfa et est mis à l’écart des activités liées au football pour un an et devra payer une amande de deux millions.

Seul Didier Enama échappe à la sanction malgré sa culpabilité établie, pour avoir bénéficié d’un avantage indu, par le bénéficie d’une somme de 920 mille. En bénéficiant de circonstances atténuantes, cet employé du service de comptabilité devra restituer la somme en question. Une restitution forcée qui s’opérera par la retenue à la source du salaire de l’homme. Pour le reste, si la Commission d’éthique met hors de cause Salli Issa accusé de faux et usage de faux, ainsi que le Dr William Ngatchou, elle se déclare incompétente sur les cas Ben Modo et Kolobi Ismaïla, en raison de ce que ces deux personnes, clientes de la Fécafoot, ne sont pas assujetties aux dispositions du Code d’éthique de la Fécafoot.

Réponse de Tombi à Roko mercredi

Dans les deux autres affaires, la commission d’éthique que préside Jean Pierre Soh a trouvé le moyen d’esquiver les autres coupables. Ainsi, dans l’affaire qui opposait Souleymanou Konaté à Benjamin Beyeck, ce dernier, secrétaire général de la Ligue de football professionnel du Cameroun, est coupable de modification de la liste de désignation des officiels des matches des 4ème et 5ème journées des championnats professionnels de Ligue 1 et 2. Dans l’affaire Secrétaire général de la Fécafoot contre son homologue de la Lfpc et Bertrand Mballa Owono, les accusés sont également coupables de manquement de loyauté. Dans le premier cas, en accordant des circonstances atténuantes à Benjamin Beyeck, l’homme reçoit un blame et dans le second cas les deux reçoivent des mises en garde.

En clair, de tous ceux qui étaient dans le viseur de l’actuel exécutif de la Fécafoot, Tombi à Roko est le seul à être écarté définitivement des affaires du football. Lui que beaucoup redoutaient déjà de se relancer dans la course pour la Fécafoot. Le comité de normalisation avait déjà laisser filer une partie de l’audit quelques semaines avant l’échéance électorale. En mise en garde (?), sans effet. Une candidature de celui qui était déjà secrétaire général de la Fécafoot sous Iya Maohammed, aurait brouillé les pistes pour Séidou Mbombo Njoya, après l’arrestation d’Iya Mohammed, avait pris les rênes de la Fédération, avant de jeter l’éponge, sous les feux des attaques des concurrents d’en face. Finalement c’est Tombi à Roko qui occupera le poste après la première normalisation. D’autres ex proches de l’homme, qui se voyaient également sous le coup de la menace, ont finalement été épargnés ; notamment Etienne Claude Tamo que l’audit avait également épinglé, et bien d’autres. Quelques autres subissent des coups de fouets de moindre intensité. Les parties disposent de dix jours pour faire appel de ces sanctions auprès de la Commission des Recours de la Fécafoot. Pareillement, elles devront, si elles souhaitent rentrer en possession de la décision complète, saisir la Commission d’éthique à cette fin. Mais Tombi à Roko ne compte pas se laisser faire. L’ancien président de la Fécafoot compte répondre dans les prochains jours à ses successeurs, notamment mercredi.

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