Fécafoot : La contre-attaque pédagogique de Tombi à Roko

L’ancien président de la Fédération démonte sa condamnation par la Commission d’éthique.

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Tombi est-il condamné au forfait?

Par la voix de Me Sylvain Rodriguez Ambomo son avocat-conseil, Tombi à Roko répond à la Commission d’éthique de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) qui l’a condamné le 11 juillet dernier à une suspension à vie de toute activité relative au football. Et à une condamnation à payer une amende de dix millions de francs, et les dépens liés à la tenue du « procès ». En six points, l’ancien président de la Fécafoot tente de démonter le dossier monté par Jean Pierre Soh. D’abord, « les faits sur lesquels la Commission d’éthique a statués se sont déroulés en 2017, et sont donc antérieurs à la date d’entrée en vigueur de la commission et du Code éthique ». Le conseil de Tombi à Roko constate donc que «la commission a violé le principe de la non retro-activité des lois ». En plus, « la chambre d’instruction ayant connu le dossier dont s’agit, est constitué de membres nommés par l’ancien président du Comité de normalisation, lesquels, conformément aux statuts, devraient être élus; or les membres de la Commission sont nommés ». Le conseil de Tombi à Roko dénonce également la violation du droit de son client de demander une prorogation des délais fixés par la Commission, ainsi que le prévoit l’article 57 du Code d’éthique. « La demande introduite par son client est restée lettre morte », mentionne l’avocat. Dans le même sens, Me Sylvain Ambomo dénonce la violation du secret des enquêtes, des délibérations et des décisions prises, par « une large diffusion radio presse », alors que autant le Code d’éthique que les textes de la Caf et de la Fifa demandent de ne les divulguer qu’à la notification des « décisions définitives déjà notifiées à leurs destinataires ». Rappelant que la violation de l’article 40 du Code d’éthique dans ce cas expose le membre de la Commission à une suspension par les 2/3 des membres de la Commission jusqu’à la prochaine assemblée générale de la Fécafoot. Une prérogative de divulgation des décisions dévolue au seul secrétaire général de la Fécafoot après approbation du président. Ce qui est valable pour toutes les décisions prises par l’Assemblée générale et les organes juridictionnels. Alors « le président de la Commission d’éthique a outrepassé ses prérogatives», fait observer l’avocat.

La justice pour « laver son honneur et sa dignité bafoués »

L’homme ne manque pas de s’attaquer au fond, notamment la décision principale qui écarte son client des affaires du football à vie. Pour Me Sylvain Rodriguez Ambomo, cette sanction « est illégale en ce que la Commission a prescrit une sanction inexistante de l’article 28 du Code d’éthique de la Fécafoot et contraire aux principes et valeurs prônées par l’olympisme ». N’hésitant pas à voir en la « concomitance de la décision de la Commission d’éthique et les performances mitigées des sélections nationales engagées aux compétitions internationales » que sont la Can 2019 et la Coupe du monde féminine (élimination en 8ème de finale pour les deux tournois), un raccourci pour trouver en Tombi à Roko « un bouc émissaire de la mauvaise gestion desdites sélections et résultats sportifs récents». Lui qui a conduit Les Lions indomptables à la Can Gabon 2017, pour ramener le trophée final. Redonnant la joie aux Camerounais quinze ans après le dernier sacre.
On apprend dans la réponse servie par l’avocat de l’ancien président de la Fécafoot, que le silence de l’homme déchu par l’instauration d’un second comité de normalisation à la tête de la Fécafoot depuis deux ans, se justifie par le fait qu’il est « soucieux de la préservation de la paix, de la concorde et de l’unité nationale promus par les plus hautes autorités de l’Etat». Mais en constatant “les violations et abus dont il fait l’objet de la part des organes et dirigeants de la Fécafoot », tient à « laver son honneur et sa dignité que l’on tente injustement de bafouer ». Et annonce la voie judiciaire pour y parvenir.

Source: La Nouvelle Expression

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