Etoudi 2018 : la forme de l’Etat, une question qui divise

Si certains candidats prônent le maintien de l’Etat unitaire avec une mise en application effective de la décentralisation, d’autres sont favorables au retour au fédéralisme.

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Le débat sur la forme actuelle de l’Etat du Cameroun suscite des réactions tranchées. Chez les candidats à l’élection présidentielle du 7 octobre prochain, il existe deux courants majeurs : ceux qui prônent le maintien de l’Etat unitaire avec en toile de fond, une mise en application efficiente et efficace du processus de décentralisation (acté depuis 1996) devant favoriser l’instauration d’une (relative) autonomie des régions dans la gestion des affaires courantes ; et ceux qui revendiquent le retour au fédéralisme avec notamment la création d’Etat anglophone qui réunirait les deux régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest. Deux courants qui devraient placer la question de la forme de l’Etat du Cameroun, au centre de la campagne qui s’annonce étant donné qu’elle devrait à en croire les experts, « à défaut de mettre un terme à la crise sociopolitique qui sévit dans les régions anglophones du pays, entamer au moins, un réel processus d’apaisement dans cette partie du triangle national ».

Ce que proposent les candidats

Au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), « la forme de l’Etat n’est pas négociable ». « Le Cameroun est un pays plus que jamais debout. Un pays un et indivisible, fier de sa diversité culturelle et jaloux de sa liberté », martelait déjà le candidat du parti au pouvoir, Paul Biya, dans son adresse à la nation au soir du 31 décembre 2016. Convaincu que la décentralisation demeure la seule voie de sortie, le président- candidat a prescrit à son gouvernement, l’accélération de celle-ci en créant lors de son dernier réaménagement ministériel, le ministère de la Décentralisation et du Développement local, barrant ainsi la route à toute idée de fédéralisme ou de sécession.

Régionalisme, fédération

Cabral Libii pour sa part, entend mettre sur pied une sorte de « régionalisme à la camerounaise » comme forme de l’Etat. Selon l’offre du candidat du parti Univers, la commune est érigée en véritable levier de développement. E de ce fait, le plus jeune candidat au scrutin du 7 octobre prochain promet (déjà) de ramener la dotation générale de la décentralisation de 0.30 % à 10 %. Alors que, de son côté, Akere Muna, candidat du Front Populaire pour le Développement (FPD) propose la fédération comme forme de l’Etat. Les contours et modalités de celle-ci seront arrêtés par voie référendaire. L’ex-bâtonnier ambitionne par ailleurs d’effectuer un redécoupage des régions et une autonomisation des collectivités locales.

S’il y a quelque chose qu’ils partagent, hormis le fait qu’ils sont originaires de la partie anglophone du pays et qu’ils sont parfaitement bilingues, c’est leur volonté de réinstaurer le fédéralisme au Cameroun. Mais le candidat du Social Democratic Front (SDF) ambitionne d’implémenter une fédération calquée sur les 10 régions actuelles. Au niveau du gouvernement fédéral toutefois, la gestion des secteurs de souveraineté ainsi que les secteurs d’importance nationale tels que l’enseignement supérieur, le curriculum scolaire, les ressources naturelles, la diplomatie, l’armée, la sécurité nationale, la monnaie etc. sera maintenue, tandis que le reste reviendra aux Etats fédérés. Maurice Kamto lui, s’est engagé à accorder un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, sans donner d’indication précise sur la forme de l’Etat tel qu’il le souhaite. Pour le candidat du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), la forme importe peu ; elle devra être décidée à l’issu d’un dialogue national.

Par Arthur Wandji

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