Cyrille Rolande Béchon : « Cette procédure est empreinte d’irrégularités et de violation des droits de l’Homme »

Juriste et défenseur des droits de l’Homme, elle dénonce « la cabale judiciaire lancée contre » le jeune Kevin Ngassam accusé pour « fraude aux examens ».

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Cyrille Rolande BECHON

Depuis quelques jours l’arrestation du jeune Kevin Ngassam défraie la chronique, quelle est votre lecture sur cette affaire ?

Ce qu’il convient d’appeler désormais l’affaire Kevin Ngassam, suscite des interrogations et des préoccupations à plusieurs niveaux. Il faut avant toute chose, rappeler qu’il ne s’agit pas pour nous de faire l’apologie de la tricherie ou de la fraude aux examens, mais de questionner une justice à double vitesse, une procédure pénale empreinte d’irrégularités et une violation des droits de l’Homme. Sur la justice à double vitesse, Kevin étant un élève, la première question qui saute à l’esprit est celle de savoir, comment a-t-il fait pour rentrer en possession des épreuves ? Où sont tous ceux qui interviennent dans la chaîne de production, de validation et d’impression des épreuves ? Il s’agit ici des enseignants, des fonctionnaires de l’Office du Baccalauréat du Cameroun et mêmes de ceux de l’imprimerie nationale. Vous comprenez que l’on soit en droit de questionner cette attitude de la justice, quand l’on sait que des présumés auteurs de fuite avaient été identifiés auparavant par les responsables du ministère de l’Enseignement secondaire. Sur une procédure pénale empreinte d’irrégularités : Kevin est arrêté à la maison, en l’absence de son parent, sans mandat, détenu au secret pendant des jours, il fait plus de jours qu’il n’en faut avant d’être mis sur mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui. Sur la violation de ses droits : les textes sur la privatisation de liberté recommandent que les personnes qui y sont astreintes le soit dans leur ville de résidence. Avant même d’y arriver, nous pensons que Kevin Ngassam aurait pu être inculpé et il aurait pu comparaître libre. Il faut rappeler que la liberté est la règle et la détention l’exception. Ce principe cardinal est systématiquement bafoué par le système judiciaire camerounais.

Le jeune Kevin n’a que 18, est-ce qu’il est pénalement responsable et donc peut-il répondre des faits qui lui sont reprochés ?

Sous réserve d’avoir accès à son acte d’état civil, Kevin Ngassam est pénalement responsable s’il a atteint l’âge de 18ans. Mais là n’est pas vraiment le problème. Le problème se situe au niveau de la cabale judiciaire qui est ainsi lancée sur un élève, pour un motif qui n’est pas claire jusqu’ici. Car il serait selon certaines sources détenu pour fraudes aux examens pourtant nous avons tous assister impuissant à une fuite d’épreuves sans précédent.

Quelle est la position de nouveaux droits de L’Homme (NdL) sur cette affaire ?

Notre position est claire et simple, Kevin doit être libéré. Il peut répondre des faits qui lui sont reprochés en liberté. On ne peut pas ainsi briser la vie d’un enfant.

Réalisée par Joseph Essama

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