Cybercriminalité : pourquoi la fraude bancaire s’intensifie au Cameroun

La non-harmonisation des stratégies et de la cybersécurité par différentes structures, le non-respect des dispositions de la loi relative à la collecte des données de trafic, l’absence d’un cadre multi-acteur chargé de la gouvernance de la sécurité des systèmes d’information sont autant de facteurs qui ont fait perdre près de 6 milliards de francs Cfa au pays en 2019.

0
847
Fraud Alert Caution Defend Guard Notify Protect Concept

Le constat est clair. La fraude bancaire fait des ravages au Cameroun. D’ailleurs le dernier rapport de l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC) sur la cyberdélinquance au Cameroun indique que cette infraction a fait perdre au pays environ 6 milliards francs CFA en 2019. En 2018, 2050 plaintes de cyber-délits tels que le phishing, le vol d’identité ou encore l’escroquerie aux faux ordres de virement (Fovi) ont été reçus par l’Antic. Le document explique que les cybercriminels commettent la plupart de leurs forfaits par en utilisant de simple méthode qui consiste à l’envoi d’une demande de virement non planifiée au caractère urgent et confidentiel, d’un changement de coordonnées téléphoniques ou mails, d’un contact direct d’un escroc se faisant passer pour un membre de la société.

Toutefois, selon l’Antic, ces cyber-attaques sont dues au non-respect de ses lignes directrices de référence et des mesures correctives proposées par l’Antic, la non-harmonisation des stratégies et de la cybersécurité par différentes structures, le non-respect des dispositions de la loi relative à la collecte des données de trafic, l’absence d’un cadre multi-acteur chargé de la gouvernance de la sécurité des systèmes d’information, le faible niveau de sensibilisation des populations, la faible densité des structures de formation sur la cybersécurité, l’absence d’une stratégie opérationnelle de communication digitale, le non- respect des dispositions de loi relatives à la collecte des données de trafic et à l’identification des abonnés par les opérateurs. « Il est impératif que les spécialistes de la protection des données collaborent encore plus étroitement pour améliorer les mesures de protection dans différents secteurs et garantir que la protection de la vie privée est un principe directeur des efforts de cybersécurité », avait déclaré Directeur général de l’Antic, Ebot Ebot Enaw lors une session de formation sur la cybersécurité récemment tenue à Edea.

A titre de rappel, les banques au Cameron ont perdu, en 2015, trois milliards de francs CFA du fait de la cybercriminalité. Ces pertes étaient selon le top manager de l’Antic la conséquence du «Skimming», une pratique cybercriminelle qui consiste à pirater des cartes magnétiques à l’aide des dispositifs spéciaux insérés dans des guichets automatiques de billets de banque. Mais, l’institution faisait savoir en ce moment que les conséquences du «Skimming» sur les banques étaient un moindre mal par rapport aux ravages causées par l’utilisation des simbox dans le secteur de la téléphonie. Toutefois, l’Antic indiquait que les quatre opérateurs de la téléphonie en activité dans le pays avaient déjà perdu plus de 18 milliards de francs CFA depuis le début de l’année, contre plus de 4 milliards pour l’Etat, du fait des fraudes à la Simbox.

Par Ghislaine Ngancha

- Publicité -

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.