Crise : Grogne au sein du Pcrn

Alors que le président du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale procède depuis quelques jours, aux nominations des cadres de son parti, certaines voix s’élèvent déjà pour dénoncer une prise en otage de cette formation politique.

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L’opération de structuration du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn), n’en finit pas de faire des vagues. Un exercice nomination des cadres au sein de cette formation politique s’est finalement muée en frustration chez plusieurs militants. Car au-delà de certains partisans qui estiment qu’ils ont mouillé le maillot pour le parti et devraient de ce fait être nommés, plusieurs autres pensent que ces nominations n’obéissent pas « aux mécanismes démocratiques édictés par les textes de ce parti ». 

Prise en otage du Pcrn 

Les nominations des cadres au sein du bureau politique et du directoire national du Pcrn ont suscité à la fois de vives émotions de joie, mais aussi des inquiétudes auprès de certains militants de cette formation politique. Les uns se demandent quelles sont les mécanismes démocratiques qui ont conduit à ces nominations et les autres s’inquiètent de la grande marge de manœuvre dont dispose désormais Cabral Libii au sein de cette formation politique. Si plusieurs mécontents ont choisi de ne pas  dévoiler leur identité, Dieudonné Alaka, départemental du Pcrn dans le Mbam et Inoubou a pris son courage à deux mains. Dans une tribune, il écrit : « j’observe comme tout le monde de nombreuses désignations et nominations au sein du Pcrn, parti politique auquel j’appartiens. Je m’interroge sur leur intérêt et surtout sur les mécanismes qui ont conduit à la mise en place des organes de décisions comme le bureau politique et le directoire sans aucune consultation à la base. Je suis également inquiet de l’hyper glorification de notre leader Cabral Libii au regard des pouvoirs que lui accordent les statuts du parti et la manière dont une minorité de personnes commencent à concentrer le pouvoir au détriment de la base », s’inquiète-t-il. Avant de proposer : « je souhaite que nous retrouvions l’esprit démocratique et l’intérêt humain qui sont le socle même de notre engagement politique, en convoquant un congrès au cours duquel la base choisira ses représentants au sein du directoire et du bureau politique. Il va sans dire que les statuts adoptés le 7 avril par une poignée de personnes nommées à la suite d’un appel à candidature doivent aussi faire l’objet d’une révision lors du congrès ». 

Aussitôt publiée, les cadres du parti ont immédiatement réagi.  Répondant à son camarade, Armand Okol, ancien directeur de cabinet de Cabral Libii s’est offusqué de cette indignation et a dénoncé un procès Kafkaïen intenté contre le leader de son parti. « Rejoignant certaines des critiques démagogiques, ces persifleurs interrogent l’intérêt voire l’opportunité de la structuration du Pcrn. Difficile alors de croire qu’une telle préoccupation provienne des camarades quand on sait que jusque-là, à l’issue du congrès de Guidiguis tenu le 11mai 2019, notre parti comptait à peine une poignée de cadres, situation qui nous a sans doute été préjudiciable lors du double scrutin du 09 février dernier et qui ne se justifie nullement pour un parti politique engagé à préparer la prochaine élection présidentielle », écrit Armand Okol pour répondre à la question de l’opportunité des nominations. Au sujet des mécanismes démocratiques mis en cause lors de ces nominations, le candidat déchu à l’élection législative dans le Mfoundi explique que les statuts du Pcrn disposent en leur article 11 que « le congrès se tient tous les 5ans en session ordinaire sur convocation réglementaire. Il définit les orientations politiques, économiques et culturelles du parti. Il élit le président national du parti, les membres du comité directeur national qui ensuite élit le bureau politique ».  Les mêmes statuts précisent en l’article 39 que « lorsque le comité directeur national n’a pas pourvu au poste statutaires du parti et que la nécessité de le faire s’impose, le président national lance un appel à candidatures aux postes qui incombent le cas échéant au bureau politique national », tranche l’ancien directeur du cabinet de Cabral Libii pour taire définitivement le débat. Pour lui, ces nominations « ont respecté à la virgule près les textes du parti et sont inattaquables ». S’agissant enfin des accusations de conservation de pouvoir, Armand Okol explique que si Cabral voulait concentrer le pouvoir entre ses mains, il n’aurait pas dû procéder à ce vaste mouvement de nominations, car aucun texte du parti ne le lui impose. 

Une fausse polémique amplifiée par les détracteurs

Même si les mécontentements sont visibles au sein du Pcrn, plusieurs militants de cette formation politique continuent de parler d’une fausse polémique amplifiée dans les réseaux sociaux par les détracteurs de Cabral Libii.  Et pour ne pas donner plus d’ampleur à cette « polémique », le Pcrn aurait intimé à ses militants de ne faire aucun commentaire sur ce sujet, avec des personnes qui ne sont pas du parti. Car plusieurs cadres de cette formation politique rencontrés ont nié l’existence d’une quelconque brouille au sein du parti. Un des responsables qui a enfin accepté d’en parler a estimé que « c’est une polémique qui n’a duré que le temps d’un post et dont on en parle plus ». Il accuse plutôt les détracteurs du Pcrn d’être à la manœuvre pour donner plus d’ampleurs à cette actualité qu’il juge légère. 

Joseph Essama 

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