Crise dite anglophone : Croisade internationale à Yaoundé

Des leaders de trois grandes institutions de renom sont en visite à Yaoundé depuis ce matin.

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La patronne de la Francophonie serait l'initiatrice de la rencontre de Yaoundé

Moussa Faki Mahamma, Patricia Scotland et Louise Mushikiwabo, respectivement président de la Commission de l’Union africaine, secrétaires générales du Commonwealth et de la Francophonie, sont à Yaoundé depuis cette matinée. Officiellement, les trois hauts dirigeants de ces trois grandes institutions internationales viennent dans le cadre de la recherche d’une solution à la crise séparatiste qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Au menu, une audience avec le président Paul Biya au Palais de l’Unité. Rien de plus précis. Toujours est-il que la visite s’arrêtera à la capitale, loin du théâtre des opérations. Du coup, il ne s’agira que de parlote. Les trois institutionnelles n’ont d’ailleurs jamais cessé de se montrer concernées par cette crise qui paralyse la vie publique au Cameroun depuis trois ans que les revendications socioprofessionnelles des avocats et des enseignants du sous-système anglophone, ont dégénéré en une crise politique, muée désormais en revendications sécessionnistes.

Le communiqué conjoint des trois institutions

D’autant plus que rien ne présageait cette croisade en terre camerounaise. Et Yaoundé n’a pas eu le temps d’organisation le folklore qui entoure souvent de pareilles visites sur le sol camerounais. Quoi qu’il en soit, la visite a donc toute l’air d’une improvisation, pourrait revêtir le caractère urgent, quelques jours après le sommet de Paris sur la paix, au cours duquel le numéro un camerounais est revenu sur la crise séparatistes dans l’ancien Cameroun occidental. Confirmant le projet de doter les deux régions d’un statut spécial, tel que prévu par une résolution du Grand dialogue national. Lequel a été critiqué dans la forme de son organisation, mais qui s’est avéré être un motif d’espoir d’un retour de la paix. Mais près de deux mois après, Paul Biya ne se presse pas encore d’implémenter ces résolutions.

Cela survient en plein processus électoral pour le double scrutin législatif et municipal prévu pour le 9 février prochain. Un processus qui s’annonce incertain, tant la décision surprise de Maurice Kamto de désengager son parti de la course pour le renouvellement des députés et conseillers municipaux, vient de semer le trouble dans les esprits. Le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) ayant soutenu sa décision par la non révision du Code électoral, et surtout la crise qui continue de paralyse les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Une décision qui continue d’agiter l’espace public depuis deux jours. D’aucuns redoutant un croc-en-jambe que le candidat malheureux de la dernière présidentielle pourrait préparer contre le pouvoir. Lui qui s’était autoproclamé vainqueur de cette élection, pour se retrouver derrière les barreaux pendant neuf mois, suite à des marches de protestations contre la victoire proclamée de Paul Biya par le Conseil constitutionnel.

Selon nos confrères de lebledparle, la visite des trois personnalités est une initiative de la patronne de la Francophonie, qui avait déjà été du même panel que Paul Biya lors du sommet de Paris sur la paix. La Rwandaise répondrait-elle à l’appel de Paul Biya? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il que dans le cadre de la crise séparatiste, Yaoundé n’accorde pas toujours ses violons avec les Etats-Unis et l’Union européenne.

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