Conjoncture: ces filières qui ont freiné la croissance en 2018

Malgré un taux de croissance du Produit intérieur Brut de 4,5 % au 4è trimestre de l’année dernière, les secteurs tels que la banane, le café et caoutchouc continuent d’afficher de piètres performances.

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Ces filières qui ont freiné la croissance en 2018.

Même si l’on peut se réjouir de ce que l’activité économique a globalement connu une amélioration au quatrième trimestre 2018, avec une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) de 4,5 % par rapport à la même période en 2017. On aurait pu enregistrer un résultat bien plus intéressant si le secteur primaire n’avait pas affiché un ralentissement. En effet, selon les comptes nationaux trimestriels récemment publiés par l’Institut National de la Statistique (INS), il ressort que la croissance du secteur primaire a connu une chute, en passant de 4,1 % en 2017 à 2,8 % en 2018. Cette situation résulte, explique-t-on du côté de l’INS, « de la morosité affichée par certains produits agricoles d’exportation tels que la banane, le café et le caoutchouc ». Bien plus, le document de l’Institution en charge de la gestion des statistiques précise que « cette tendance a aussi caractérisé les activités dans l’agriculture vivrière, en liaison avec les effets de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ».

Banane : une baisse de production étalée sur l’année 2018

Les données publiées par l’INS ne sont guère surprenantes. Elles viennent juste confirmer une tendance baissière observée sur les exportations de la banane depuis le début de l’année 2018. L’Association Bananière du Cameroun (Assobacam) en avait donné les signes dès janvier 2018, en annonçant que « les exportations de la banane avait connu une baisse de 19 461 tonnes, en se situant à 59 149 tonnes, comparativement au 78 610 tonnes exportées sur la même période en 2017 ». La raison avancée étant la crise anglophone qui sévit dans la région du Sud-Ouest, et qui sape le niveau de production de la Cameroon Development Corporation (CDC), deuxième plus grand exportateur du pays après les Plantations du Haut Penja (PHP). Cette tendance à la baisse s’est d’ailleurs poursuivie au troisième trimestre 2018. L’Assobacam a une fois de plus sonné l’alerte en indiquant que « le Cameroun avait exporté 42889 tonnes contre 56378 à la même période en 2017 ». Ainsi, alors que la PHP affichait de bonnes performances, la CDC elle, s’est distinguée par un volume d’exportation nul au mois de septembre 2018, ce qui ne lui a permis d’exporter que 5534 tonnes de bananes. A cause de l’arrêt d’activité observé sur la majorité de ses sites. Et même en début d’année 2019, les exportations de la banane ne payaient pas de mine. De janvier à mars par exemple, le volume était compris entre 19000 et 21000 tonnes. Alors que des spécialistes y voyaient une légère amélioration, la barre des exportations de la banane s’est de nouveau enfoncée pour se situer à 13 381 tonnes. Toujours du fait de la persistance de la crise dite anglophone dans la région du Sud-Ouest qui empêche à toute l’économie camerounaise de savourer les délices de ce produit en termes de recettes d’exportation.

Chute des recettes d’exportation du café

En ce qui concerne le café et le caoutchouc, deux autres produits d’exportation du Cameroun, les tendances ne sont pas des plus flatteuses. En effet, dès fin juin 2018, l’INS faisait savoir que si les recettes d’exportation du Cameroun avaient pris un sérieux coup, c’était aussi lié à la faible performance observée au niveau de la filière cacao-café. La structure gérée par Joseph Tedou soulignait que « les recettes d’exportation des fèves de cacao au Cameroun ont chuté de 13,4 %, tandis que celles du café s’amenuisaient de 30,1 % ». A l’analyse, les exportations du café, notamment sa composante arabica, connaissent une évolution en dents de scie depuis la campagne 2004-2005. Le Cameroun au cours de cette période enregistrait un volume d’exportation de 6000 tonnes. Mais depuis lors, l’on enregistre une régression à tel point qu’au cours de la campagne 2015-2016, les chiffres affichaient moins de 2000 tonnes, selon les données de l’Office National du Cacao et Café (Oncc).

Caoutchouc : les exportations en baisse de 24 %

Les données officielles disponibles indiquent que le déficit de la balance commerciale du Cameroun au 1er semestre 2018 est consécutif à la baisse des ventes de certains produits tels que le caoutchouc. L’INS soulignait à cet effet que la commercialisation de caoutchouc brut a connu un repli de -33,1 %. A côté des autres produits tels que les huiles brutes de pétrole -33,8 %, le cacao brut en fèves -13,3 %. Au terme de l’année 2018, les exportations du caoutchouc brut affichait une baisse de 24 %, selon les statistiques révélées par le Comité Technique National de la balance des paiements. Tout ceci, révèlent les analystes, est le résultat de la cessation des activités dans les plantations de la CDC qui exploite des milliers d’hectares d’hévéa, la matière première du caoutchouc.

Par Junior Matock (Défis Actuels)

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