Complexe sportif d’Olembe : Le chantier coincé entre accusations, démentis et contre-vérités

Le ministre en charge des sports et le groupe Piccini sont en guerre, suite au retrait du marché à l’entreprise italienne.

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Par une décision prise ce 29 novembre 2019, le Pr Narcisse Mouele Kombi a rompu le contrat qui liait l’Etat du Cameroun à l’entreprise italienne Piccini, dans le cadre du marché de construction du Complexe sportif d’Olembe. Le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), reproche à l’entreprise adjudicataire de ce marché cinq fautes : l’arrêt des travaux non autorisé par le maître d’ouvrage, l’abandon du chantier, la défaillance de l’entreprise caractérisé par le non-respect des engagements contractuels et des ordres de service s’y rapportant, et la sous-traitance avérée des prestations contractuelles sans autorisation du maître d’ouvrage et violation de la législation sociale caractérisée par l’accumulation des arriérés de salaire des travailleurs. Dans sa décision, le Minsep, par ailleurs président du Comité local d’organisation du Championnat d’Afrique des nations (Chan) 2020 et de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2021, déclare avoir fait un constat d’huissier, avant de prendre la décision finale. Pour attester par voie légale et judiciaire de l’arrêt des travaux.

Piccini a aussitôt réagi face à cette sortie à gage. Dans un communiqué signé de Dr Makonnen Asmaron, son président : « Cette décision intervient alors même que les travaux se poursuivent sur le site, pour respecter les engagements mutuels pris en octobre, à l’issue des réunions des 18 et 19 octobre 2019 dans le cabinet du ministre», se montre surpris le patron de Gruppo Piccini. « Pendant ces réunions, le gouvernement camerounais par la voix du ministre maître d’ouvrage, nous a clairement et sans équivoque, instruit de prendre toutes les dispositions pour une livraison des travaux stade CAF à la fin du mois d’avril 2020 », poursuit-il. Non sans souligner que « le ministre s’engageait en contrepartie, pour un accompagnement financier avec paiement des décomptes en urgence». De quoi résoudre la question du financement qui fait défaut dans la plupart des chantiers liés à l’organisation du Chan et de la CAN que le Cameroun abrite en 2020 et 2021.

Tacle irrégulier

A en croire Makonnen Asmaron, le patron des sports avait « confirmé cette volonté d’accompagnement du projet par une garantie bancaire en vue de permettre à l’entreprise de refinancer l’accélération du projet ». Cependant, « cet engagement …n’a jamais été honoré, malgré la démonstration de la bonne foi de l’entreprise qui s’est imposé un nouveau chronogramme pour l’exécution des travaux », trahit-il. Jurant d’avoir ainsi tout fait pour « une livraison effective du terrain de jeu en décembre 2019 et non en janvier 2020 comme il était convenu». Le gouvernement ayant introduit une « requête de prorogation des financements italiens à la date du 31 mars 2021», mentionne-t-il. Piccini se dit victime d’un tacle irrégulier d’autant plus que les deux engagements pris par la partie camerounaise en vue de relancer et d’accélérer les travaux étaient « un gage de confiance et d’honnêteté des parties à respecter leurs engagements respectifs». Déjà que, « l’entreprise appelée à remplacer Piccini a été désignée bien avant la décision contestable de résiliation » du marché, fait observer le signataire du communiqué. Le Canadien Magil étant annoncé dans la décision de Narcisse Mouelle Kombi, comme ayant déjà paraphé son contrat pour reprendre le marché querellé.

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