Climat sociopolitique : La Communauté internationale invitée à « frapper » le régime Biya

L’initiative est du Front citoyen, une coalition de partis d’opposition et de la société civile.

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Kah Walla et compagnie comptent désormais sur la communauté internationale

« Pour réussir à déterminer leur avenir face à ce régime violent et répressif, les Camerounais demandent à la communauté internationale de se tenir aux côtés du peuple camerounais et de faire respecter les différents engagements pris par l’Etat du Cameroun ». L’invitation est du Front citoyen, dans une lettre adressée à la communauté internationale. Si cette coalition d’associations de la société civile et de l’opposition, « note avec satisfaction l’intérêt de plus en plus croissant que la communauté internationale porte sur le Cameroun, notamment la condamnation et la dénonciation des cas de violation flagrante et répétées des diverses conventions et accords internationaux pourtant dûment ratifiés par le Cameroun », il reste que les signataires souhaitent voir la communauté internationale faire mieux.

Le document signé de 23 personnalités dont Edith Kah Walla, Sam Mbaka, père Ludovic Lado, Alice Nkom, Jean Pierre Bekolo, Agbor Balla, Hilaire Kamga,… fait une « analyse objective de la situation réelle des droits humains et du respect de l’Etat de droit au Cameroun » sur les trois dernières années : 7 régions sur 10 en proie à l’insécurité, avec en prime la crise dite anglophone qui touche 16% de la population, et déjà « quelques incursions de bandes armées non identifiées dans certaines localités des régions du Littoral et de l’Ouest », « l’emprisonnement à tort » de centaines de personnes dans le cadre de la guerre contre Boko Haram, des assassinats extrajudiciaires de femmes et d’enfants par des soldats camerounais, des arrestations de journalistes, acteurs de la société civile et de l’opposition que le Front compte par milliers, des interdictions et interruptions de manifestations de la société civile et de l’opposition par les forces armées, des tirs à balles réelles sur des manifestants non violents,… Et surtout l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 qui a été émaillée de violences avant. Pour ce dernier cas, le Front citoyen estime que « l’élection a été entachée de fraudes et irrégularités, empêchant monsieur Biya, déclaré élu par un Conseil constitutionnel controversé, de jouir d’une quelconque légitimité ».

Gel des avoirs, interdiction de voyager,…

Et face à « l’arsenal de réponses violentes » que le régime Biya a servi « à toutes les situations », le Front juge urgent de faire recours à la communauté internationale. Et souhaite voir son interlocutrice « demander des comptes au régime Biya lors des rencontres internationales », y compris « l’interpellation des représentants du gouvernement camerounais selon les mécanismes existants sur les cas avérés d’assassinat, emprisonnement et torture ». Mieux, de « déclencher le processus de sanctions individuelles contre les membres du gouvernement camerounais responsables de la violence et du chaos actuels dans le pays» telles que des interdictions de voyager, le gel des avoirs, la saisie des biens, etc. Non sans oublier les condamnations directes des violations de droits humains et des principes démocratiques. Et que la communauté internationale « demande la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes illégalement arrêtées et condamnées dans le cadre de la crise anglophone et des manifestations de la Coalition autour du Mrc ».

Tout en redoutant une réaction « nationaliste » de Yaoundé. « Il sera important pour vous, chère communauté internationale, de faire face aux brimades et à l’intimidation qui constituent les tactiques habituelles du régime en place. Vos appels… susciteront des critiques ‘’d’ingérence dans les questions de souveraineté nationale’’. Ne soyez pas dupes ! », préviennent-ils les « pompiers ». Pour le Front citoyen, « les Nations souveraines utilisent leurs richesses pour fournir des services de base à leurs peuples, placent les intérêts de leurs peuples au dessus-de tout ; respectent les droits fondamentaux de leurs citoyens et respectent la loi », enseigne-t-il. « Sous le régime Biya, le Cameroun n’est pas une nation souveraine», note-t-il.

Et « c’est pour rétablir notre dignité et notre souveraineté en tant que Nation que nous de la société civile et de l’opposition, sommes déterminés,… à défendre les droits humains du peuple camerounais, la primauté du droit et des libertés fondamentales au Cameroun », justifient les signataires. « Peu importe l’inévitable violence verbale et médiatique qui va se déchaînera sur vous, en tant qu’individus et en tant que pays, il importe de continuer à s’investir dans la construction de la relation durable qui lie le peuple camerounais et la communauté internationale sur une base solide de respect des droits humains et des libertés fondamentales», insistent-ils.

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