Cemac : La Beac table sur la réduction du déficit budgétaire en 2018

Selon la note de conjoncture économique et financière signée par le gouverneur de cette institution bancaire, Abbas Mahamat Tolli, le déficit budgétaire base engagements, dons compris, reviendrait de 2,8 % du Produit Intérieur Brut en 2017 à 1,5 % en 2018.

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Abbas Mahamat Tolli, le gouverneur de la Beac

La Banque des Etats de l’Afrique centrale a récemment publié une note de conjoncture économique et financière des pays de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac). Dans ce document qui met en relief les perspectives économiques de la sous-région en 2018, il ressort globalement que, « la remontée des cours du pétrole brut sur les marchés internationaux, enclenchée en mi-novembre 2016, et l’intensification des mesures de consolidation mises en oeuvre par les Etats devraient soutenir l’amélioration du solde budgétaire. A cet effet, le déficit budgétaire base engagements, dons compris, reviendrait de 2,8 % du PIB en 2017 à 1,5 % du PIB en 2018 ». Ainsi, pris de manière singulière, le document de la Beac souligne que « les déficits budgétaires diminueraient dans la plupart des pays de la Cemac, à l’exception de la Guinée Equatoriale, tandis qu’en République Centrafricaine et au Congo, le solde budgétaire deviendrait même excédentaire ».
Ainsi, les déficits se réduiraient en 2018, au Cameroun (-1,9 % du PIB, après -2,5 % du PIB en 2017), au Gabon (-0,5 % du PIB contre -2,7 % du PIB en 2017), au Tchad (-0,6 % du PIB, contre -1,3 % du PIB en 2017).
Cependant, relève la Beac, le déficit se creuserait en Guinée Equatoriale, passant de -2,4 % du PIB en 2017 à -6,5 % du PIB en 2018 tandis qu’on enregistrerait un excédent budgétaire, en République Centrafricaine (+0,6 % du PIB en 2018 contre -1,1 % du PIB un an plus tôt), et au Congo (+1,9 % du PIB en 2018 contre -6,9 % du PIB). Quels seraient donc les grandes tendances ?

LES TENDANCES MAJEURES
D’après la note synthèse de la Beac, on enregistre « une augmentation des recettes budgétaires de 12,7 %, à 8 491,1 milliards de francs CFA, soutenue pour l’essentiel par un accroissement des ressources non pétrolières de 15,3 %, à 5 785,0 milliards de francs CFA ». De même, la hausse des recettes pétrolières découlerait du relèvement conjoint des cours de 11,7 % à 58,9 dollars le baril, et de la production du pétrole brut 4,5 % à 44,0 millions de tonnes, après plusieurs années de baisse. De leur côté, les recettes non pétrolières devraient s’accroître en 2018, en raison de l’intensification des mesures fiscales mises en oeuvre par les Etats, en vue d’asseoir des bases solides qui détermineraient un niveau adéquate des ressources hors pétrole. Autre tendance. Le solde budgétaire demeurera excédentaire.

UN SOLDE BUDGETAIRE EXCEDENTAIRE
Du point de vue du solde budgétaire, on note qu’il demeurerait excédentaire à hauteur de 768,1 milliards de francs CFA (+1,5 % du PIB) en 2018, après 257,1 milliards (+0,5 % du PIB) en 2017. En revanche, le solde budgétaire de base redeviendrait excédentaire en 2018, de 35,1 milliards de francs CFA (+0,1 % du PIB), contre un déficit de -351,8 milliards (-0,7 % du PIB) enregistré un an plutôt.

AUGMENTATION DES DEPENSES BUDGETAIRES
En ce qui concerne les dépenses budgétaires, la Beac annonce un accroissement des dépenses budgétaires de 6,3 % soit 9 709,8 milliards de francs CFA, traduisant surtout une hausse des dépenses en capital (+5,3 % soit 3 156,6 milliards), tirant profit pour l’essentiel des ressources locales (+8,8 % soit 1 902,8 milliards), pour poursuivre les investissements dans les infrastructures de base en cours d’exécution. Dans la même perspective, les dépenses courantes progresseraient de +6,8 % à 6 553,2 milliards de francs CFA, en lien avec l’augmentation de tous les postes des dépenses.

Junior Matock

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