CEMAC : ce qui  freine la lutte contre le blanchiment des capitaux 

Le Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale (Gabac), a récemment évoqué l’insuffisance des moyens des cellules de renseignements financiers et l’absence des statistiques en matière de blanchiment des capitaux. 

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Le Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale (Gabac) a récemment sonné le tocsin. Relativement aux faiblesses liées à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme dans la sous-région Afrique centrale. En effet, selon des sources proches de cet organisme de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac), un rapport a été récemment envoyé aux autorités des sept pays membres cette organisation, à l’effet de dénoncer « la persistance des lacunes identifiées par les différentes missions d’évaluation ». Au nombre de celles-ci figurent « l’insuffisance des moyens mis à la disposition des cellules de renseignements financiers », et « l’absence des statis- tiques en matière de blanchiment des capitaux ». Et ce n’est pas tout. Le Gabac s’offusque également de ce que « la non prestation de serment de certains membres des Agences d’Investigation Financières », soit une pratique répandue dans l’ensemble des pays membres du Gabac. Par ailleurs insiste l’orga- nisation que dirige Gervais Mbata, le Secrétaire permanent, « la non mise en œuvre par les magistrats des dispositions du Règlement Communautaire » ; car ceux-ci préfèrent engager des poursuites pour les infractions mineures plutôt que pour blanchiment. Une attitude qui, de l’avis des responsables du Gabac, n’est pas de nature à facili- ter la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

De l’avis de certains spécialistes, ces lacunes peuvent avoir des effets négatifs sur la perception des Etats membres du Gabac, en l’occurrence la saisine du Groupe de Revue de la Coopération internationale (Icrg) du Groupe d’Action financière (Gafi), organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette entité pourrait notamment « décider de faire une déclaration publique, faisant ainsi de nos Etats des pays à risque, voire l’inscription sur la liste noire », déplore le Gabac.

Toutefois, le Gabac se félicite de la désignation d’un membre douanier de l’Agence Nationale d’Investiga- tion Financière (Anif). Telle que an- noncée par la ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie, de la Prospective et de la Program- mation du Développement Durable du Gabon, lors de la réunion d’avril 2018. Le satisfecit des autorités du Gabac porte aussi sur la transposition de la directive communautaire sur le Comité de coordination de politiques nationales de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme par trois pays (Congo, Centrafrique, Guinée équatoriale). En ce qui concerne le Cameroun, l’évaluation des risques de ses dispositifs est en cours. A titre de rappel, les sept pays qui constituent le Gabac sont : le Came- roun, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée équa- toriale, le Tchad et la République Démocratique du Congo.

Junior Matock

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