Ce qu’il faut retenir de la table ronde de l’ ACEL

Organisé à l’université de Yaoundé I, le 03 mars dernier, sous le thème « Le genre en question : du féminisme à la féminisation », cet échange a permis aux acteurs présents de se projeter « sur le devenir de l’humanité quand la féminisation se serait finalement imposée ».

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La salle A 2 du Département de français de l’université de Yaoundé I, a accueilli le 3 mars dernier, une table ronde. Sous le thème : « Le genre en question : du féminisme à la féminisation ».  Cet échange s’est décliné en trois communications.

Dans sa communication, la Docteure Solange Medjo Elimbi a apporté  « quelques précisions définitionnelles relatives à la notion de genre : « genre social » (ou sexe social) et « genre linguistique » (ou grammatical). Puis, évacuant volontairement le « genre social », son propos s’est cristallisé sur les marqueurs grammaticaux en relation avec le genre féminin, très souvent dévalorisé au profit du genre masculin. Car, l’emploi du genre grammatical amène à constater qu’il est incohérent de représenter un référent féminin par une désignation masculine ». Elle s’est ensuite interrogée sur les moyens dont dispose la langue pour spécifier le sexe féminin ou davantage, discriminer et dévaloriser les femmes, entre autres : les catégories grammaticales, le lexique et la syntaxe.

La Docteure Chantal Salomé Ntsama Essengue, deuxieme intervenante a quant à elle intitulée sa communication autour : « De la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions : entre résistance et accommodation ».

La première étape de son intervention consistait à monter comment s’est construite et imposée la longue tradition sexiste de la langue française qui, depuis Vaugelas (1647), a établi le genre masculin comme étant le plus noble.

Dans le second volet l’intervenante a évoqué de nombreux arguments souvent avancés dans le but de justifier l’emploi du masculin pour désigner des femmes, notamment« la péjoration »qui consiste à nommer les femmes avec des termes  connotés négativement ou sexuellement, voire vulgaires.

La dernière communication, présentée par le Pr Jean-Marcel Essiene, « s’est interrogée sur l’importance de l’écriture inclusive pour la distinction de genre dans la société afin de percevoir si cette écriture se réduit à la promotion d’un groupe idéologique qui veut marquer son temps et l’incidence de ce renouvellement programmé de la langue sur sa syntaxe et sur la question de la vision du monde ». L’intervenant a finalement mis en évidence « de nombreuses limites de l’écriture inclusive. Celle-ci apparait finalement comme un phénomène ambivalent, à la fois nécessaire adaptation de la langue à l’évolution des sociétés et écho d’un choix militant, quasiment minoritaire dont la prédilection pour un vocabulaire inclusif favorise l’acceptation d’un certain nombre de pratiques qui excluent la diversité culturelle et promeuvent l’homogénéisation de la pensée ».

Modérée par le professeur Alice Delphine Tang, cet échange a vu la présence de plusieurs étudiants   et universitaires. Il a en outre permis l’Atelier de Critique et d’Esthétique Littéraires (ACEL) hôte de l’événement, de « se placer au cœur de ces contradictions vivantes, où la négativité se fait paradoxalement le ferment de la production du sens ».

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