Caucus 2020 : Les attentes des gouverneurs africains

Elles se déclinent en cinq axes : l’amélioration de l’aide extérieure et des services sociaux de base, la consolidation macro-budgétaire, le renforcement du secteur privé, l’amélioration de la représentation de l’Afrique au sein du FMI et de la Banque mondiale.

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Les rideaux sont tombés sur la 57ème édition du Caucus africain organisé à Yaoundé le 6 août dernier. Tenu sous le format virtuel présidé par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie et président du Caucus africain, avait pour thème : « protéger le capital humain de l’Afrique face à la Covid-19 : sauver des vies, préserver le bien-être, sauvegarder la productivité et l’emploi ». Cette réunion a débouché sur l’élaboration d’un mémorandum contenant les attentes des gouverneurs africains du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM). Regroupées en cinq grands axes, ces doléances portent principalement sur l’amélioration de l’aide extérieure, des services sociaux de base, la consolidation macro-budgétaire, le renforcement du secteur privé, l’amélioration de la représentation de l’Afrique au sein du FMI et de la Banque Mondiale.

Aide extérieure : les pays africains veulent plus de ressources

L’amélioration de l’aide extérieure est la première attente formulée par les gouverneurs africains du FMI et de la BM. Dans le détail, les gouverneurs africains « exhortent le FMI et le groupe de la BM à être plus audacieux dans le renforcement des capacités et des ressources financières des pays en vue de contenir la crise et faire face à ses répercussions économiques ». Ils souhaitent à cet effet que la mise en place d’instruments d’intervention à long terme en directions des pays africains. Bien plus, les pays africains attendent des institutions de Bretton Woods de « fournir les ressources nécessaires à tous les pays africains qui en ont besoin, notamment les petits Etats, les Etats en situation de fragilité et de conflit et ceux dont la dette est improductive ou qui sont confrontés à des chocs multiples ». A cet effet, pour éviter que les dettes de ces pays ne constituent un poids insupportable il est demandé au FMI de « rechercher des solutions novatrices permettant de fournir une aide d’urgence aux pays dont l’endettement est insoutenable et d’étendre l’allégement de la dette à un plus grand nombre de pays, tout en mobilisant des ressources supplémentaires pour son fonds fiduciaire ARC ». Dans la même veine, les pays africains demandent au FMI d’harmoniser la liste de ses exigences à l’endroit des pays du continent.

Améliorer les services sociaux de Base

Dans la perspective de l’amélioration des prestations des services sociaux de base, notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau et à la protection sociale, les gouverneurs demandent au FMI et surtout à la Société Financière Internationale, institution de la BM en charge du secteur privé, « de continuer à soutenir le secteur privé, en vue d’améliorer la production nationale d’équipements médicaux, tout en contribuant à la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ». Aussi, en ce qui concerne les réfugiés, les gouverneurs souhaitent que la BM « d’assurer la fourniture de ressources aux réfugiés relevant du guichet IDA pour l’aide aux réfugiés et aux communautés d’accueil ». La BM est également encouragée à « renforcer les capacités institutionnelles pour la mise en œuvre des projets liés au Covid-19, tout en améliorant la gestion des données, le suivi, la coordination et le partage des leçons apprises ». L’imbroglio observé sur le terrain dans le déploiement des institutions spécialisées des Nations Unies, en particulier l’Organisation Mondiale de la Santé semble ne plaire du tout aux Etats africains. A cet effet, les gouverneurs demandent à la BM de « renforcer la coordination de ces différentes institutions, ainsi qu’avec d’autres banques multilatérales de développement et bailleurs de fons bilatéraux, afin de fournir le soutien nécessaire aux pays africains ».

Gestion de la dette : Plus de souplesse attendue de la Part du FMI

En matière de gestion de la dette des pays africains, les gouverneurs attendent du FMI qu’il soit moins rigide dans ses conditions. A ce propos, il est demandé au FMI « de continuer à proposer des procédures simplifiées pour accéder à leurs instruments de prêt, et une assistance en matière d’élaboration de politiques institutionnelles, de gestion de la dette publique et de développement des capacités, en vue de renforcer les cadres macro-budgétaires et la gouvernance, et d’améliorer la mobilisation des ressources intérieures ». Dans la même perspective, les pays africains exhortent le FMI et le groupe de la Banque Mondiale « d’aider les pays à tirer parti de la technologie pour fournir des services. Que ce soit par la mobilisation des recettes, la rationalisation des dépenses ou une plus grande efficacité des dépenses, la numérisation est devenue indispensable. Le FMI et le groupe de la Banque mondiale devraient étendre leurs conseils stratégiques aux initiatives Fintech, notamment en opérationnalisant le Programme Fintech de Bali, et contribuer à développer l’utilisation de la technologie numérique ».

Soutenir la mise en œuvre de la zone de libre échange

Pour booster le secteur privé et créer plus d’emplois dans le continent, les gouverneurs africains demandent au groupe de la BM de tirer parti de l’accord établissant la zone de libre-échange continentale africaine et de soutenir sa mise en œuvre, tout en favorisant la synergie avec la Banque Africaine de Développement. Dans le même sens, les financements en direction des PME africaines sont appelés à augmenter tout comme le soutien de la SFI à l’amélioration du climat des affaires et à la réduction des risques liés à l’investissement. En outre, le groupe de la Banque mondiale devra contribuer au renforcement des capacités institutionnelles et fournir une assistance technique pour structurer et gérer les transactions dans le cadre du partenariat public-privé en Afrique, tout en garantissant la viabilité des finances publiques et de la dette.

FMI et Banque mondiale : les Etats africains exigent plus de places

Dans la déclaration de Yaoundé, les gouverneurs africains du FMI et de la BM souhaitent plus de places au sein des institutions de Bretton Woods. Concrètement, les pays africains demandent au FMI de « donner suite à la demande de longue date concernant un troisième siège pour l’Afrique subsaharienne ». Plus précisément, les pays du continent exigent « une augmentation de la part du personnel provenant des régions sous-représentées grâce à une approche plus proactive et un engagement plus fort à tous les niveaux. Il est essentiel de poursuivre des efforts plus ciblés visant à atteindre les niveaux de référence pour ces régions ».

Par Junior Matock

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