Carlos Queiroz : le Prince de Perse, d’une tanière à une autre ?

Nommé à la tête de la sélection iranienne le 4 avril 2011, l’entraineur portugais ne souhaite pas prolonger l’aventure avec les Lions de Perse. Une aubaine pour les Lions Indomptables qui espèrent l’avoir.

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Quand ils parlent de Carlos Queiroz, les tabloïds iraniens, portugais et français ne manquent pas d’adjectifs. Besogneux, travailleur, rigoureux… le natif de Nampula au Mozambique s’est rapidement fait connaître pour son état d’esprit perfectionniste. Tout d’abord entraîneur adjoint à l’Estoril Praia, il prend en main les différentes équipes de jeunes du Portugal, et avec elles, il démontre son génie tactique. D’abord, il dirige les moins de 17 ans et continue de grimper les échelons à la même vitesse que la génération qu’il va révéler. Des talents qui vont rapidement éclater à la face du football européen comme Luis Figo, Rui Costa, Fernando Couto ou encore Vitor Baia. Il les accompagne jusqu’à ce qu’il parvient à prendre les rênes de la sélection A en 1991. Avec des joueurs qui ont gagné les Coupes du monde 1989 et 1991 dans leurs catégories d’âges, Carlos Queiroz décide de continuer à faire confiance à ces jeunes qu’il connaît depuis des années. Un choix qui n’est pas payant sur le court terme puisque le Portugal ne se qualifie pas pour la Coupe du monde 1994, devancé de peu par l’Italie et la Suisse.

Une carrière mouvementée

Suite à cette désillusion, il rejoint le Sporting CP en 1994 où il retrouve Luis Figo l’espace d’une saison. Avec les Leões, il remporte la Coupe du Portugal ainsi que la Supercoupe en 1995, mais ne parvient pas à gagner le championnat. Passé ensuite par les Red Bull New York aux USA (1996), Nagoya Grampus Eight au Japon (1997), les Emirates arabes unis (1998 – 1999), l’Afrique du Sud (2000 – 2002), Il rejoint Manchester United en 2002 où il devient l’entraîneur adjoint de Sir Alex Ferguson. « Je cherchais un adjoint, a confié Sir Alex Ferguson à Le Monde. J’ai demandé à Luis Figo et à deux autres joueurs qui avaient travaillé avec Carlos ce qu’ils en pensaient. Ils m’ont parlé d’un type fantastique. Je l’ai donc fait venir à Manchester. C’est l’une de mes meilleures décisions ! ». Mais Queiroz quitte le club en 2003 et rejoint le Real Madrid où il prend le poste d’entraîneur principal pour un bilan catastrophique : le club est éliminé en quart de finale de la Ligue des champions par l’AS Monaco avant de perdre les cinq derniers matches de Liga et de laisser le titre au Valencia CF.

La révolution iranienne

Par la suite, il démarre un second mandat avec le Portugal entre 2008 et 2010. Lors de ce parcours, il qualifie la Seleção das Quinas pour les huitièmes de finale du mondial sud-africain. Pourtant, le futur champion du monde espagnol a raison des Lusitaniens (1-0). Une déception qui conduit à son limogeage le 9 septembre 2010. Queiroz ebondit en Iran où il s’engage dans un travail de longue haleine. Comme avec le Portugal à la fin des années 80 et au début des années 90, il met en place un projet de jeu avec la volonté de réussir sur le long terme. Rapidement, il donne des responsabilités à des joueurs qui deviendront des cadres de la Team Melli comme Ehsan Hajsafi, Ashkan Dejagah, Karim Ansarifard ou encore Reza Ghoochannejhad. Les résultats sur la scène internationale sont rapidement convaincants avec une qualification pour la Coupe du monde 2014. Même si l’Iran ne passe pas le premier tour.

Dans un environnement de travail idéal, Queiroz va transmettre ses idées footballistiques et mettre en place un jeu rigoureux, basé sur le sens du sacrifice. L’Iran continue son évolution et deux joueurs prometteurs prennent leur envol : Sardar Azmoun et Alireza Jahanbakhsh. Deux individualités qui permettent d’apporter de la folie sur le front de l’attaque et qui endossent rapidement le costume de leader. Les Lions de Perse se mettent de nouveau à faire peur. Leur participation au Mondial de Russie confirme davantage la montée en puissance de la sélection iranienne. Eliminée, faute de chance, par le Portugal de Queiroz, vise désormais une quatrième Coupe d’Asie des Nations (après 1968, 1972 et 1979) en 2019. Ce sera vraisemblablement sans Carlos Queiroz qui a refusé l’offre de prolongation de la fédération : «c’est une offre qui ne montre aucune reconnaissance pour ce que j’ai fait, une offre qui n’est pas acceptable de mon point de vue. Les négociations sont terminées, elles sont derrière moi ». Une bonne nouvelle pour le Cameroun qui a fait de lui, sa priorité pour le poste de sélectionneur des Lions Indomptables.

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