Cameroun – Malawi : La victoire du talent

Rarement en difficulté face à une équipe malawite regroupée en défense, les Lions Indomptables ont fait la différence sur des inspirations individuelles.

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Le capitaine est resté adroit sur sa cible

Une talonnade de l’intérieur du pied droit d’un Jacques Zoua gardé par deux défenseurs malawites. Un contrôle de Choupo-Moting à l’entrée de la surface suivi d’un missile qui fonce droit dans la lucarne de Swini (63e). Le but camerounais, un mélange de talent individuel et de jeu collectif résume bien les clés de la victoire des Lions Indomptables (1-0), tombeurs du Malawi vendredi dernier à Yaoundé, lors de la troisième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football 2019. Un bien meilleur match que celui qui a débouché sur un nul (1-1) le 8 septembre denier face aux Comores. Comment s’attarder sur le rapport de force, en faveur des Camerounais qui ont su maximiser leurs qualités face à des visiteurs qui ont été plus défensifs qu’autre chose ? La réponse la plus simple, et qu’on peut d’ailleurs trouver parfaitement rassurante, est que la victoire appartient à ceux qui jouent réellement, qui multiplient des efforts pour construire des occasions et marquer des buts. Que, peu importe le temps que dure l’attente, et peu importent les forces et faiblesses d’une stratégie, la qualité finit (presque) toujours par l’emporter. Vendredi dernier, les Lions Indomptables avaient plus de qualité que leurs adversaires. Tantôt alignés en 4-2-1-3, tantôt en 4-3-3, les champions d’Afrique en titre ont su s’approprier la balle, imposant le rythme et la symphonie dans un match plein d’intensité. Bien sûr, ils n’ont pas tous brillé. Tenez par exemple : Fabrice Olinga s’est montré limité dans la construction du jeu notamment avec de nombreux ballons perdus, des centres qui n’arrivent jamais à destination. Rarement dans le bon tempo, l’ex-pensionnaire de Malaga a appris à connaitre la pelouse du stade Omnisports Amadou Ahidjo. Si Yaya Banana a fait preuve d’un manque de maitrise et d’agressivité, Jérôme Onguéné lui s’est vite essoufflé.

Coaching gagnant

Heureusement, l’entrée en jeu de Paul-Georges Ntep et Faï Collins a apporté plus de vivacité aux Camerounais qui, depuis le début de la rencontre pouvaient compter sur certaines individualités. Incroyable dans le jeu, Frank Zambo Anguissa a été efficace aux côtés d’un Kunde Malong tranchant à la récupération. C’est la solidité de ce duo rassurant et doté d’une belle maitrise technique à la relance qui a permis à l’équipe camerounaise de jouer aussi haut pour multiplier des contres. Etirés par un Jacques Zoua qui a bien orienté le jeu des siens et un Eric-Maxim Choupo-Moting qui venait demander les ballons de manière basse et écartée, les Malawites étaient contraints de créer une barrière défensive à 6 parfois 7 joueurs. Or au fil des minutes, notamment en seconde mi-temps, les Camerounais multipliaient de belles séquences de jeu. En difficulté pour récupérer les ballons et incapables de se donner de l’espace quand les Camerounais débarquaient, les visiteurs ont alors endossé un drôle de costume : celui de l’équipe de contre qui ne peut pas contrer. En quelques secondes, Zoua réussit grâce à une talonnade d’une folle précision à se libérer de l’étau pour lancer Choupo-Moting. L’attaquant du Paris Saint-Germain fusillait ensuite le gardien adverse d’une lourde frappe à l’entrée de la surface (63e). Pendant que le duo Seedorf – Kluivert aura prouvé leur capacité à lire les situations et à rectifier leur stratégie, rappelant au passage que le projet de jeu n’a finalement pas besoin d’être spectaculaire si au final c’est la victoire qui compte. En effectuant de bons remplacements, les deux entraineurs ont pris de grandes décisions. En acceptant la mission, qui n’était pas forcément de nature à les faire briller individuellement, les joueurs les ont suivis. Au lieu de se brider, ils ont su se cadrer, séquencer, créer du spectacle en fin de match et… gagner. Rendez-vous le 16 octobre pour le match retour.

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