Seedorf se comprend seul

Clarence Seedorf a eu faux sur toute la ligne ! Pour venir à bout des Black Stars du Ghana samedi dernier, en match comptant pour la deuxième journée dans le groupe F de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en cours en Egypte, l’entraineur de l’équipe nationale du Cameroun a opéré des choix forts qui ont payé cash : un nul (0-0) obtenu au terme d’une performance terne, inodore, incolore et sans saveur. Vainqueurs sans trembler de la Guinée Bissau (2-0) lors de leur première sortie, les Lions Indomptables du Cameroun souhaitaient enchaîner face à leur concurrent numéro un pour la première place du groupe. Objectif manqué. Et sur ce coup, Clarence Seedorf peut s’en mordre les doigts.

Kana-Biyik, dangereux pour Son équipe

Pour débuter la rencontre face aux Black Stars revanchards, Clarence Seedorf a dribblé tout le monde. Tenez, en défense centrale, le technicien hollandais a choisi de laisser sur le banc de touche, un certain Yaya Banana. Auteur d’un match intéressant face à la Guinée Bissau, soldé par un but et une distinction dans l’équipe-type de la première journée de cette CAN, le joueur de Panionios a cédé la place un Armel Kana-Biyik médiocre face aux Ghanéens. S’il a cassé le jeu en remettant systématiquement tous les ballons à son gardien, parfois dans des situations dangereuses, le fils d’André Kana-Biyik a même failli offrir un but aux Black Stars. Heureusement pour le Cameroun, le retour de Michaël Ngadeu a été payant. C’est sûr, l’ex-joueur de Kayserispor a causé plus de mal à son équipe, que de bien.

Njie et Bong presqu’inutiles

Seedorf a aussi opté pour une titularisation de Clinton Njie et Gaëtan Bong en lieu et place d’Eric-Maxim Choupo-Moting et Arnaud Djoum. Si Choupo-Moting n’était effectivement pas apte à disputer les 90 minutes de la partie, faire jouer un défenseur (Bong, Ndlr.) à la place d’un milieu de terrain (Djoum, Ndlr.) était tout de même risqué. Surtout face à une équipe du Ghana qui joué repliée dans son camp. Il fallait absolument créer le jeu et obliger les Ghanéens à sortir de leur camp. Sans un Arnaud Djoum qui est très souvent utile dans le rôle de sentinelle, Zambo Anguissa a dû assumer ce rôle seul. Ce qui lui a d’ailleurs valu d’être élu pour la deuxième fois dans cette CAN, « Homme du match ».

Par ailleurs, le choix de titulariser un Clinton Njie, plutôt qu’un Stéphane Bahoken qui n’a eu qu’une minute pour marquer et prouver qu’il est un joueur efficace face à la Guinée Bissau, pose également question. Même si cette titularisation a dû mettre un sacré coup au moral de Njie, un joueur que l’on sait très émotif depuis la précédente CAN, le joueur de l’Olympique de Marseille s’est souvent montré maladroit et égoïste. Sa présence sur le terrain, combinée à celle d’un Christian Bassogog auteur d’un premier match moyen, a beaucoup aidé la défense ghanéenne qui n’a pas eu à les subir. Quoique le joueur d’Henan Jianye a failli marquer à deux reprises en seconde période.

Enfin, l’entraîneur hollandais s’est montré trop frileux en faisant rentrer Pierre Kunde en lieu et place de Zambo Anguissa. Ce dernier a traversé la rencontre comme un fantôme, causant au passage des erreurs qui ont permis aux Ghanéens de se montrer dangereux en fin de partie. Si Clarence Seedorf avait maintenu la même équipe qui a marché sur la Guinée Bissau, le résultat de la rencontre aurait peut-être été différent. Mais avec des si…

Par Arhur Wandji, envoyé spécial à Ismaïlia

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