Bamendjou : La guerre entre le préfet Yampen et Fo’o Sokoudjou

L'autorité administrative reproche le chef d’avoir abrité une réunion avec des opposants et la société civile.

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Sa majesté Sokoundjou

Dans une lettre adressée au chef supérieur des Bamendjou, le préfet des Hauts-plateaux menace de représailles Sa majesté Jean Rameau Philippe Sokoudjou Chendjou II qu’il accuse de « rébellion » contre l’autorité de l’Etat. « La déclaration préalable de toute manifestation ou réunion politique est une exigence légale à laquelle vous ne vous êtes pas conformé », écrit-il. Le patron de l’Administration territoriale dans les Hauts-plateaux reproche à l’autorité traditionnelle d’avoir « organisé et présidé une concertation politique non déclarée, le samedi 18 juillet 2020, en violation flagrante de la loi N°90/054 du 19 décembre 1990». Yampen Ousmanou estime d’ailleurs que Sa majesté Sokoudjou « a mis en péril l’ordre public et la légalité », en violant et ignorant le décret 77/245 du 15 juillet 1977. Texte qui organise les chefferies traditionnelles au Cameroun. . Pour cet acte « intolérable et incompatibles avec les fonctions d’Auxiliaire de l’administration», l’ex sous-préfet de Yaoundé II qui avait la réputation de mater toute manifestation de l’opposition et de la société civile, ne compte pas se laisser dompter par l’autorité traditionnelle. « En cas de récidive, je prendrais toutes mes responsabilités conformément à l’article 29 du décret précité», promet-il. Un article traitant de la « discipline » des chefs traditionnels. « En cas de faute dans l’exercice de leurs fonctions, en cas d’inefficacité, d’inertie ou d’exactions à l’égard des populations, les chefs traditionnels encourent les sanctions suivantes : rappel à l’ordre, avertissement, blâme simple, blâme avec suspension pendant 3 mois au plus de la totalité des allocations, destitution… ». Le même article précise que « les sanctions disciplinaires qui précèdent ne peuvent être infligées que si le chef a été préalablement appelé à donner des explications sur son comportement, son inefficacité ou son inertie ».

Yampen Ouamsnou veut réduire Fo’o Sokoudjou au silence

La riposte du chef, voisin de Maurice Kamto

En clair, la machine de la répression est enclenchée. Le préfet pourrait la mobiliser la loi contre le chef rebelle qui semble ne pas être disposé à la soumission. « Nous devons éviter de toujours laisser le feu pour souffler sur la cendre. Ce n’est pas parce que nous sommes habitués à n’organiser que les funérailles que tout bruit est synonyme de son de tamtam. Parfois on tape mais c’est plutôt la naissance, et pas toujours le deuil », peut-on lire sur la page facebook dédiée au roi des Bamendjou. Une page qui relaie généralement les sorties du monarque qui n’a jamais caché ses élans contestataires lorsqu’il estime que l’Etat a manqué à son devoir envers le peuple. Le 18 juillet, Jean Rameau Philippe Sokoudjou avait accueilli dans sa chefferie des figures de poids de la contestation au Cameroun telles Hilaire Kamga, Alice Sadjio, Cyrille Rolande Béchon, Serge Espoir Matomba… pour une concertation au sujet de la vie de la nation. Sa majesté Sokoudjou avait déjà été une victime de l’armée coloniale française qui réprimait l’Union des populations camerounaise (UPC) et ses sympathisants. L’homme dirige un village voisin de Baham d’où est originaire Maurice Kamto, l’opposant qui donne des insomnies au régime Biya depuis deux ans.

Ci-dessous, la lettre du préfet

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