Affaire Piccini : Vers un feuilleton judiciaire

L’entreprise italienne compte saisir la justice pour sauver un marché qu’elle a obtenu il y a quatre ans.

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Piccini et le Minsep se parlent sans se comprendre

« A défaut d’une annulation de cette décision dans les 72h, Gruppo Piccini fera valoir ses droits et entamera les procédures pour protéger ses intérêts sur le plan national et international ». La menace du Dr Makonnen Asmaron est claire. Le président du groupe Piccini refuse de concéder en victime résignée, la perte du marché de construction du Complexe sportif d’Olembe que lui a retiré le ministre des Sports et de l’Education Physique (Minsep), maître d’ouvrage dudit marché. Alors même que le marché a déjà été attribué à une autre entreprise : le Canadien Magil. Et a cru bien faire en glissant l’annonce de la signature d’un contrat avec le repreneur dudit marché.

Une situation qui se complique pour le maître d’ouvrage qui n’a visiblement pas donné une marge de temps mort à son partenaire, avant de céder le marché à un concurrent. Et l’adjudicataire traditionnel est d’autant plus remonté qu’il a vu son adversaire venir : « Nous constatons qu’en préparation de l’opinion, des commentaires ainsi que toutes sortes d’insinuations relatives à l’éventuelle résiliation ont été véhiculées dans les médias ; avec comme conséquence la déstabilisation des travailleurs, des fournisseurs et autres partenaires», fait remarquer le patron de Piccini. Une situation que l’entreprise italienne a vécue en silence, encaissant des coups jusqu’au fatal. « Il est de notre juste et légitime devoir, de de communiquer que cette décision du ministre des sports et de l’éducation physique est un acte administratif susceptible de tout recours approprié », rappelle Makonnen Asmaron.

Le temps presse

Les jours qui suivent pourraient être encore plus agités sur ce chantier dont le premier chef de projet avait déjà démissionné il y a un peu plus d’un an, en dénonçant des pressions qu’il recevait de personnalités réclamant des pots-de-vin. Ce qui avait contribué à retarder les travaux de ce complexe devant livrer à terme un stade de football annoncé comme devant être baptisé stade Paul Biya. Le complexe qui comprendra également un hôtel 4 étoiles, une piscine olympique et plusieurs stades d’entraînement, était prévu dans le projet de défense du Cameroun en 2014 pour accueillir une poule de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019. Mais les retards accusés dans la construction des infrastructures programmées pour cette compétition, ont conduit au « glissement » de la CAN de 2019 à 2021. Décision prise il y a un an exactement, soit le 30 novembre 2018. Du coup, les travaux se sont arrêtés pendant près de huit mois. Faute d’argent. Dès leur reprise, le gouvernement à travers ses ministères maîtres d’ouvrages, a réorganisé les marchés. Prime Potomac à Garoua en a pâti. Aujourd’hui Piccini subit à son tour. Mais l’entreprise qui ne comprend pas une décision qui arrive au moment où l’engagement de l’Etat de faciliter la mise à disposition des finances tarde à être implémenté, tient à ne pas laisser la balle traîner dans son camp.

Alors que le temps presse. La Confédération africaine de football (CAF) a donné six mois au Cameroun pour livrer les chantiers. Délai qui expire fin avril. Le couloir judiciaire pourrait avoir raison de la détermination du gouvernement à tenir le rendez-vous. Voire un autre retrait de la CAN.

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