Affaire Mida : La grogne des souscripteurs

Ils accusent le gouverneur de la région du Centre Naseri Paul Bea, de vouloir faire main basse sur les fonds et annoncent des mouvements d’humeur dans les prochains jours. Plus d’un an après, la colère n’est pas descendue chez les souscripteurs du Mida.

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L’annonce faite par le gouverneur de la région du Centre Naseri Paul Bea est comme venue remuer le couteau dans cette plaie ouverte dans les cœurs des séminaristes de la Mission d’Intégration et de Développement pour l’Afrique (Mida). Invité au journal de 13h à la Crtv radio, le 25 avril dernier, le gouverneur de la région du Centre a déclaré : « la bonne nouvelle est que le président de la République dans sa magnanimité, sa compassion, constante a octroyé 1milliards de FCFA, sur l’argent collecté pour aider ». Cet argent, laisse-t-il savoir, vient s’ajouter à la somme de 3 milliards 850 millions confisquée par les pouvoirs publics. C’est donc au total, un montant de 4 milliards 850 millions qui sera distribué aux principaux souscripteurs. Naseri Paul Bea a également annoncé qu’une liste de payement respectant l’ordre alphabétique doit être publiée à la Trésorerie générale, chaque souscripteur sera payé au prorata et touchera une somme de 31% du montant préalablement déposé.

Si pour le gouverneur l’octroi d’un milliard est une bonne nouvelle, chez les concernés, c’est « une déception totale ». Un des leaders des plaignants des différents groupes de la Mida, étale son amertume : « il me manque du temps pour vous raconter mon humiliation », lance-t-il, convoqué à la réunion qui s’est tenue jeudi dernier dans les services du gouverneur de la région du Centre, « c’est avec les larmes que je peux constater et dire à ceux qui jubilent encore de cette nouvelle de bien vouloir confirmer la présence de leurs noms et montant à percevoir avant de danser. En un seul mot, c’est catastrophique », rechigne-t-il. Avant d’apporter quelques exemples : « Pour le Penseur (un des souscripteurs) dont l’investissement serait de plus de 20 millions, on lui fait savoir que c’est lui qui doit encore de l’argent. Donc aucun franc pour le pauvre. Pour mon ami François, sur un investissement 325 places (plus de 4 millions), il n’a que 12 places (144 mille franc CFA) et sera payé au prorata de ces 12 places (44 mille franc CFA). Pour le pasteur Léon, un de ses gros reçus ne figure pas. Je vous invite donc à retenir votre joie ». Les souscripteurs accusent le gouverneur d’avoir créé une maffia en délivrant des faux reçus aux personnes n’appartenant pas au Mida. Ils l’accusent encore d’avoir retiré près de 6000 noms de la liste initiale. « C’est pourquoi il ne veut pas publier les listes des bénéficiaires », pense-t-il. Selon la commission mise sur pied par des autorités camerounaises il faut mobiliser environ 15 milliards de franc CFA pour rembourser aux souscripteurs la totalité des sommes versées, or en l’état actuelle, les caisses disposent de moins de 5 milliards de franc CFA. C’est pourquoi la formule de leur verser en avance 31% de l’argent déposé a été trouvée, explique un membre de cette commission. Pour les souscripteurs, cette formule est une fuite en avant, car les responsables du Mida qui se trouvent incarcérés demandent seulement leur libération pour régler le problème.

Au commencement

Il faut noter que c’est en début 2018 que l’affaire éclate. Les autorités administratives de Yaoundé ont vent de la présence dans le 3e arrondissement de la ville d’une organisation financière secrète. Cette organisation collecte de l’argent auprès des Camerounais, les formes et multiplie les montants déposés par 5 avant de les reverser après quelques mois aux souscripteurs. Après quelques enquêtes, le préfet du Mfoundi Jean Claude Tsila interdit cette organisation de toute activité et le 29 avril 2018, les autorités, par la voix du ministre de la communication d’alors, annoncent avoir saisi une somme de 3 milliards 850 millions dans les locaux de ladite organisation. Les responsables de la Mida s’opposent et soutiennent que l’argent emporté s’élevait à 12 milliards de franc CFA. Ils sont arrêtés quelques jours plus tard et se retrouvent encore incarcérés à la prison centrale de Kondengui. Sur le plan social, l’interdiction des activités de la Mida a causé plusieurs morts et la plupart des souscripteurs qui avaient prêtés de l’argent pour s’inscrire ont fait l’objet de plusieurs procès.

Par Joseph Essama

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