Affaire Amadou Vamoulke: le Procureur rejette la demande de mise en liberté provisoire

L’avocat du ministère public a plaidé contre la libération provisoire du journaliste. Le juge du Tribunal Criminel Spécial (TCS) doit se prononcer sur son cas le 28 novembre prochain.

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Amadou Vamoulke va encore attendre en prison jusqu’au 28 novembre prochain. C’est ce jour que le tribunal va se prononcer sur la demande de mise en liberté. Au cours d’un procès éclair qui s’est tenu dans la salle d’audience du TCS jeudi dernier, le procureur de cette juridiction a plaidé contre la demande de mise en liberté provisoire introduite par les avocats de l’ancien directeur général de la CRTV. Le procureur s’est, selon son plaidoyer, appuyé sur les dispositions du code de procédure pénal qui stipule que la demande de mise en liberté ne concerne pas les justiciables accusés de crime ou de détournement de plus de 500 mil franc CFA. Les avocats d’Amadou Vamoulke continuent de dénoncer un acharnement contre leur client. Selon l’un de ses avocats, « le plaidoyer du procureur n’a rien à voir avec la requête qui a été soumise au tribunal. Il s’agit d’un cas de santé humaine et non d’un problème de droit, comme tente de le faire croire le procureur. Le droit à la vie est supérieur à tous les droits. La demande de mise en liberté d’Amadou Vamoulke a été introduite sur la base des rapports médicaux des experts qui estiment qu’il doit être évacué parce que le plateau technique des hôpitaux du Cameroun ne permet pas qu’on suive son cas » a-t-il expliqué visiblement courroucé. Un argumentaire reprit par Arnaud Froger, directeur Afrique de Reporters Sans Frontières qui pense « l’accusation n’a pas pris en compte la gravité de la situation. Amadou Vamoulke souffre d’une pathologie sévère. Cela a été confirmé par l’expertise des médecins. A aucun moment le procureur n’a évoqué l’absence de soins à laquelle est soumise Amadou Vamoulke. » Pour le représentant Afrique de l’ONG de défense des droits des journalistes, Amadou Vamoulké « est privé de soins depuis plus de deux mois et ne suit aucun protocole médical adapté ». Arnaud Froger a en plus de cela, dénoncé une application des décisions à géométrie valable. « L’une des coaccusées de Amadou Vamoulke comparait libre, pourquoi ? Monsieur Amadou qui est en plus malade continue de croupir en prison pendant plus de 3 ans. Pourquoi l’empêcher de comparaitre libre, pourquoi l’empêcher de se soigner ? Il ‘y a là une forme d’acharnement très claire et il faut y mettre fin avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il conclut.
Il faut noter que c’est la 24e fois consécutive que l’affaire Amadou Vamoulke a été renvoyée. Le 12 novembre dernier, RSF a saisi en procédure d’urgence le rapporteur spécial des Nations-Unis sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le Groupe de travail sur les détentions arbitraires de l’Onu. Détenu depuis plus de 3 ans, Amadou Vamoulke est accusé d’avoir détourné près de 4 milliards de franc CFA, des accusations qui selon Reporters Sans Frontières, n’ont jamais été prouvées après plus de 3 ans d’instruction.
Joseph Essama

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