Un café pour oublier deux nuits de détention

Joseph Olinga Ndoa respire l’air de la liberté depuis quelques heures. Le journaliste et chef d’agence du quotidien Le Messager était incarcéré dans une cellule secrète depuis la nuit de samedi à dimanche. Et c’est une réaction publiée hier 5 novembre 2018, par Jean François Channon, le directeur de publication du journal fondé par Pius Njawé qui informe l’opinion : « Le samedi 3 novembre 2018 aux environs de 22h30 minutes, le journaliste, délégué du personnel et syndicaliste Joseph Olinga Ndoa, du chef d’agence de Le Messager à Bafoussam, a été interpellé par les éléments du groupement de la gendarmerie nationale Bafoussam, après avoir été copieusement roué de nombreux coups de poings, matraques et de bottes ».

Informant l’opinion nationale et internationale des circonstances du « drame ». « Après une journée de reportage, s’est rendu en compagnie de sa collègue syndicaliste Elisabeth Benkam et son collègue du Messager Donat Suffo, dans un lieu de divertissement, notamment un cabaret de la capitale de la région de l’Ouest prendre la température en ces temps de tensions politiques et de partager un verre. Aux environs de 22h, une autorité administrative de la ville de Bafoussam qu’accompagnaient des gendarmes, avec à leur tête le commandant de groupement de la gendarmerie nationale de Bafoussam a fait éruption dans le dit cabaret et a donné injonction de faire arrêter la musique et de faire évacuer les lieux », rapporte le Directeur de publication de Le Messager. Joseph Olinga aurait voulu connaître la raison de cette décision, pour un coin de noctambules. « Assimilant cette question à un acte de rébellion, le commandant du groupement de la gendarmerie nationale de Bafoussam a instruit ses éléments de faire tabasser le journaliste du Messager qui a ainsi été molesté, humilié, traîné au sol sur plusieurs mètres, avant d’être embarqué dans la camionnette de la gendarmerie nationale stationnée à l’extérieur », selon la réaction du patron du Messager.

Plainte pour rébellion

L’infortuné sera ainsi conduit dans une cellule de gendarmerie pour un séjour de 48h. Coupé du monde extérieur, apprend-on. « La Direction de publication du journal Le Messager tiendra pour responsables les autorités administratives de la région de l’Ouest, et les responsables de la gendarmerie nationale de cette même région, de ce qui arrivera au journaliste Joseph Olinga Ndoa suite au traitement inhumain et barbare qu’il a subi», a menacé la direction du journal.

La menace a porté ses fruits. Puisque l’infortuné a été relaxé ce jour. Une chance que n’auront pas les militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) arrêtés quelques heures plus tard pour avoir organisé une marche pour dire « Non au hold up électoral », et qui ont été présentés ce jour au Tribunal militaire de Bafoussam pour déférés ce jour. Tombant certainement sous le coup de la loi antiterroriste. Cependant, Joseph Olinga n’y échappera pas. L’homme est attendu au tribunal le 8 novembre prochain pour répondre de faits qui lui seront notifiés. D'”apologie du crime“, on parle désormais de “rébellion simple et outrage a fonctionnaire“.

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